Patrimoine industriel, élément constitutif de la conscience européenne - Bulletin n°28

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Sommaire de ce numéro

Les travaux du groupe de recherche
" patrimoine industriel, élément constitutif
de la conscience européenne ", premiers résultats

Le groupe de formation par la recherche (GFR) intitulé « Le patrimoine industriel élément constitutif de la conscience européenne » constitué à la demande du recteur sous la direction de Gracia Dorel-Ferré a travaillé toute l'année 2001-2002 sur le thème : comment la connaissance et la valorisation du patrimoine industriel peut contribuer à former la culture commune des européens de demain.

Problématique

Les traits de civilisation unissent les pays d'Europe, et les divisent tour à tour. Les grandes vagues d'immigration (celtes, germains), de religion (expansion chrétienne et musulmane) de culture (roman, gothique, baroque, romantisme, etc.), le mouvement des nationalités, les systèmes politiques (royauté, république, démocraties et dictatures au 20e siècle, etc.) ont tantôt unifié des espaces de l'Europe, tantôt au contraire opposé certains d'entre eux.

Ces traits de civilisation sont sous-tendus par des savoir et des pratiques de production et d'échanges au sein d'unités physionomiques et fonctionnelles (ex: l'exploitation monastique cistercienne, rurale, ou encore les usines d'armement du 19e siècle). Parmi eux, ceux des deux derniers siècles écoulés ont une grande incidence sur le monde d'aujourd'hui. Témoins d'une étape révolue en Europe occidentale, acteurs malgré eux de la désindustrialisation récente ou actuelle de l'Europe centrale et orientale, les sites et les monuments du patrimoine industriel sont autant de jalons sur la route d'une culture commune: celle des sociétés nées de l'industrie. La question qui se pose alors est celle du statut et du rôle que la société assigne à ces vestiges. Elle a le devoir d'inventorier et d'étudier les traces du passé, mais doit-elle tout conserver ? Et lorsqu'elle le fait, est-ce dans le respect de la fonction ancienne du bâtiment ? Quel impact les restaurations d'édifices ont-il sur l'environnement et les dynamiques urbaines ? En Europe, les pays ont-ils pratiqué des stratégies différentes, concernant l'usage du patrimoine industriel ? Leurs exemples sont-ils transférables ? Dans quelle mesure ce patrimoine ainsi revalorisé peut-il constituer une familiarité, et une culture commune à chacun de nous ? Ou bien y a-t-il des spécificités irréductibles, et si oui, lesquelles ? Enfin, comment le citoyen se positionne-t-il par rapport à ces traces du passé que l'on a si facilement détruites dans les années 1970 ? Aujourd'hui, on le sait, on ne détruirait pas les Halles de Baltard.

Cette problématique n'est pas neuve, mais elle ne trouve pas son accomplissement dans nos enseignements : d'où les enquêtes récentes de l'IGEN, les réflexions menées par l'APHG, les flux et reflux des programmes, qui intègrent tantôt des questions sur l'Europe, tantôt les abandonnent au profit de questions plus nationales. Que faire, comment faire, quels résultats peut-on espérer ? D'où la proposition du sujet de recherche, limité, pour plus d'efficacité et parce qu'il est plus neuf, au patrimoine industriel.

Notre point de départ méthodologique a été la visite et l'exploitation du Grand Hornu, près de Mons, en Belgique.

Grand Hornu, l'un des sites majeurs du patrimoine industriel belge

Objectifs :

- s'approprier un site, en comprendre la genèse, la trajectoire, le devenir

- mettre en relation le bâtiment, les hommes, les produits, (logiques spatiales, sociales, économiques) dans un contexte explicatif(innovations, demande, débouché)

- s'interroger sur le sens de ce patrimoine aujourd'hui

Exemple : Grand Hornu

Quelle est la situation politique et économique de cette fraction de l' actuelle Belgique au début du XIX siècle ?

-au XVIII siècle, elle appartenait aux Pays-Bas autrichiens, mais elle a connu l'occupation française de la Révolution et de l'Empire. Pays de bourgeoisie urbaine et entrepreneuriale depuis le Moyen-Age, elle gagnée à certains slogans révolutionnaires de liberté et égalité. Elle accueille favorablement le Code Civil et les mesures organisatrices de l'Empire napoléonien, elle est largement bénéficiaire du blocus continental. Après le Congrès de Vienne, entre 1815 et 1830, elle fait partie du Royaume des Pays Bas. Elle démarre rapidement l'industrialisation, à partir de sa frange wallonne, francophone et catholique, et c'est ce qui alimentera l'opposition libérale puis la revendication nationale qui aboutit à la proclamation de l'indépendance en 1830.

Quelle est la signification d'un grand ensemble comme celui de Grand Hornu ?

-au début du 19e siècle, l'exploitation du bassin charbonnier s'accélère. Mais elle est le fait de petits paysans exploitants qui alternent le travail de mine avec le travail des champs. ( voir les éléments d'histoire du bassin houiller à Lewarde, Les 3 âges de la Mine). Dans ce contexte, comme dans les autres activités de l'Ancien Régime, ce sont les marchands qui dominent la vente du charbon. Des capitaines d'industrie décident d'introduire la grande exploitation, rentable et moderne, en achetant les terres, en creusant des puits et en s'équipant de machines modernes. Par là même, ils créent une main d'œuvre d'un nouveau type, entièrement consacrée au travail industriel, les prolétaires, qu'ils fixent sur les lieux du travail, grâce à la construction de logements. Face au " modèle " rural, le patron d'industrie oppose le " modèle " urbain : c'est la cité ouvrière (village ouvrier, colonie industrielle).

Pour s'imposer, le nouveau capitaine d'industrie doit convaincre : il le fait à travers un programme architectural ambitieux, parfois novateur. C'est le cas ici. Grand Hornu est conçu et construit entre 1816 - 1817 et 1835. A quelles références contemporaines se rattache-t-il ?

L'architecte Claude-Nicolas Ledoux ? Bruno Renard a dû s'inspirer des travaux de Ledoux (1804) Différence : les Salines sont un logement communautaire à l'intérieur de l'enceinte. On surveille les ouvriers car le sel très cher. Au Grand Hornu, l'enjeu n'est pas le même, on a préféré le logement individuel à l'extérieur de l'enceinte de l'usine. On peut penser que l'industriel a eu connaissance des travaux des utopistes Saint-Simon et Fourier.

Logiques spatiales du Grand Hornu

Il est situé sur le Borinage proximité du canal de Mons à Condé ( De Gorge a été l'un des premiers capitaines d'industrie à utiliser le chemin de fer à traction animale vers le canal).

C'est un grand quadrilatère de 400 m. sur 500 m., délimité par les puits d'exhaure ou de ventilation et traversé par les puits d'extraction. Les documents joints révèlent la fonctionnalité des lieux : l'usine comme dans un écrin.

Logiques sociales du Grand Hornu

Le Grand Homu exploitait près de 150 000 tonnes de charbon en 1830 et faisait travailler 1000 à 1500 ouvriers, chiffre énorme pour son époque. (1810 : 10.000 tonnes; 1832 : 120 000 tonnes). De Gorge aurait voulu en faire une vraie ville et lui donner son nom.

Originalité des constructions de logements maisonnette avec jardin, variété d'exécution; à l'extrémité et au milieu des maisons des ouvriers, les maisons des contremaîtres (chefs porions) pour encadrer les populations ouvrières. On retrouve la hiérarchie dans le travail, dans l'habitat..

Equipement : hôpital, école: 1820 début de la scolarité jusqu'à 12 ans, aussi bien pour les filles que pour les garçons. 1889 Loi interdisant le travail des enfants dans la mine

Sociabilité : places publiques (Place d'Orange puis place Verte) avec kiosque (fanfare, tir à l'arc,) dans le but de combattre l'alcoolisme (1 débit de boissons pour 4 ou 5 maisons) Le but n'est pas philanthropique, il faut produire : pas d'alcoolisme, une meilleure alimentation. Importance des " Lumières ", de la raison. Réf . à Ledoux

Le destin de Grand Hornu

Le succès de De Gorge tient à sa personnalité mais aussi à des circonstances qu'il a su bien exploiter. Ses concurrents se trouvent soit plus à l'est, sur une partie du bassin d'ancienne exploitation où les petites paysans - mineurs sont nombreux, soit à la périphérie, de cette zone principale là où les couches de houille sont espacées ou peu rentables. De Gorge acquiert la mine en 1810, les Godonnesche, de Valenciennes, qui avaient installé une première fosse d'extraction, la Sainte Augustine, depuis 1778 (puits n°l). Cependant, son exploitation s'avérait coûteuse. En 1814, De Gorge fait ouvrir un puits plus au sud (n°5) où les couches sont épaisses et régulières. Il fait ouvrir le puits n°7 dans la même veine. C'est cela qui le détermine à une opération de grande envergure. Il achète les premières machines Newcomen, pour le pompage des eaux, et envisage le construction du Grand Hornu. Il achète des machines à Seraing, chez John Cockerill. A sa mort de De Gorge (1832) son épouse continue l'affaire et forme une société civile avec ses neveux et nièces. Un siècle de gloire, mais qui correspond aussi à la disparition des petits paysans mineurs des alentours Ralentissement en 1951, fermeture en 1954, arrêté royal de démolition non signé en 1969, abandon en 1970.

Dès 1954, les maisons ouvrières se vendent et certains viennent se servir sur le site pour restaurer leur maison. Henri Guchez (architecte) rachète le site, le réhabilite et en 1989 le revend à la province du Hainaut. La réhabilitation a gardé la spécificité du Grand Hornu. On y a fait une pépinière d'entreprises, et une galerie d'expositions d'art contemporain, l'ASBL Grand Hornu /images.

Analyse du site (plan de 1920)

Trois architectes le lillois François Obin jusqu'en 1825, puis le tournaisien Bruno Genard et le termondois Pierre Cardona jusqu'en 1837 . Bruno Renard formé à Paris a sans doute eu connaissance de l'oeuvre de Ledoux (publiée en 1804)

- la cour principale: la plus ancienne (l820-1828) - bâtiments de direction

- l'atelier de construction de machines, (200 ouvriers ; taille modeste) Permet de De Gorge de fabriquer aussi pour les autres exploitants des machines locomotives ; style néoclassique, position des fenêtres demi-lune,

- les arcades de la grande cour ; cour centrale pavée (au départ plan d'eau) reflète l'ambiguïté du Grand Hornu. La cour joue le rôle de forum avec les ateliers autour: ferronnerie, scieries, entrepôts

- statue de De Gorge, 1855 (20 à 30 ans avant la France)

- caveau de famille, dans l'axe

la cour d'entrée (1826?1828)

- la pavillon central et les portails de l'entrée : symétrie, belle allure de la façade principale

- les pavillons d'angle (l'un d'eux à proximité du puits 7 dont les photos anciennes montrent le chevalement.)

- les bâtiments de retour d'angle, utilitaires ; disposition autour de la basse- cour où courait la petite volaille : les écuries pour chevaux de surface, sucrerie (1820) cheminée cassée, magasin au foin puis sucrerie (1854 à 1874), puis fabrique de noir animal

la cité ouvrière (1822-1832)

- rue de Wasmes, la plus ancienne, pavée : l'une des voies d'accès entre Mons et Valenciennes - rue Louise, conçue avec la cité ; aboutit avec la précédente place Henri, où se trouve un autre buste d'Henri de Gorge, puis les autres rues, au fur et à mesure

- place exceptionnelle d'un habitat d'une telle ampleur pour l'époque: 400 maisons en 1822, 435 vers 1840. Loyer : une journée de travail. Au total : 40% des ouvriers en 1840

le Château de Gorge

- n'a jamais servi de résidence patronale. Les De Gorge habitaient l'ancienne maison des propriétaires précédents ; a cependant accueilli la visite du roi Léopold ler en 1856

les lieux de sociabilité :

- la place Verte : emplacement de l'école, mixte, au début ; lieu des fêtes annuelles (kiosque)

- la place Saint Henri :emplacement de la machine à vapeur qui assurait l'exhaure : eau chaude à volonté pour les habitants, emplacement des bains

Evocation du paternalisme. Son efficacité. Le pillage du site en 1830 est semble-t-il conjoncturel.

 

Grand Hornu, près de Mons, en Belgique, et la Maison de champagne de Castellane à Epernay deux grands témoins du patrimoine industriel

Exploitation pédagogique pluridisciplinaire à l'école primaire,

niveau CM2

 

Exploitation pédagogique comparée des visites au
« Grand Hornu »(Mons, Belgique)
et aux établissements «De Castellane »
(Epemay ,France)

Niveau Collège

Préambule :

Le présent exercice s'inscrit dans le parcours de la classe de 4e en Histoire (étude de la révolution industrielle du 19e siècle) et en Géographie (étude de paysages européens et français/aménagement du territoire ... ). Il a aussi une résonance avec le programme de 6e d'éducation civique (la préservation du patrimoine)

Il intervient d'autre part comme la dernière étape d'un parcours composé d'une préparation de visite par recherche documentaire et questionnaire formatif puis de la sortie pédagogique elle même sur les deux sites industriels.

Exercices :

I. Localisation

Ce premier exercice doit permettre à l'élève de répondre à la question « pourquoi là ? ». Il fait d'abord appel à une démarche géographique par ses emboîtements d'échelle, par la lecture de carte et ses schémas d'interprétation, par la fabrication d'une légende ... Il met ensuite en jeu des capacités de lecture documentaire et de mise en relation de documents de nature diverse.

1) Echelle régionale:

a. Sur deux cartes régionales (I /100000'), placer un calque et selon la légende spécifiée par le maître, placer précisément :

• L'unité de production (usine)

• Les unités concurrentes

• Les zones de chalandise (vignes, bassin houiller)

• Les unités de production dans des activités induites

• Les infrastructure de transport.

b. Pointer sur les documents écrits fournis lors de la préparation, les différents éléments qui peuvent expliquer cette localisation.

2) Echelle locale

a. Sur les plans des deux unités de production, légender, selon les couleurs indiquées par le maître la chronologie du processus de production :

• Bâtiments administratifs

• Production directe

• Production induite

• Résidences patronales et cadres

• Résidences ouvrières

• Equipements sociaux

b. répondre par écrit à ces questions : quels sont les lieux mis en valeur et comment ? (situation, architecture matériau ...) quels sont les lieux marginalisés et pourquoi ?

II. La production

Deux types de travaux peuvent être envisagés voire mixés selon le niveau des élèves ou les préférences didactiques du maître.

1) Deux exposés qui peuvent amener la classe à se répartir la tâche en plusieurs équipes et donner lieu à exposition.

a. La production du Champagne

b. L'extraction du charbon.

2) Deux documentaire vidéo avec questionnaire sur les mêmes thèmes.

III. Bilan

Sous forme d'un tableau à compléter ensemble, accompagné de photos titrées et légendées prises pendant les visites, qui permettent de visualiser et de faire reconnaître le patrimoine industriel comme un patrimoine à part entière et comme un patrimoine européen.

IV. Evaluation : rédaction

" après avoir donné vos impressions personnelles sur les 2 visites, expliquer quel est l'intérêt de conserver le patrimoine industriel et les moyens d'y parvenir intelligemment."

Parallèlement aux travaux du GFR, les membres de l'équipe mettaient en œuvre des activités pédagogiques concernant le patrimoine industriel.

Premier exemple : le patrimoine batelier à Vitry-le-François,

(classes de Messieurs Hervé et Fallon, CM2, participation scientifique, Françoise Picot)

Vitry est le lieu de jonction de trois grands canaux: le canal de la Marne à la Saône, le canal de la Marne au Rhin, le canal latéral à la Marne. Cette étude du patrimoine batelier a mis en relation des éléments contemporains encore en service et des éléments d'hier présents à Vitry, milieu de vie des enfants, ainsi qu' au musée de Conflans-Sainte-Honorine, aux Archives Départementales de la Marne et dans les mémoires des bateliers.

La démarche comprenait, de façon interdisciplinaire, mobilisant la lecture, la production d ` écrits, l'analyse documentaire, les expérimentations en technologie, la géographie, l'histoire, etc.

I. La démarche

1.Une étude de terrain

- le port de Vitry actuellement (sortie-enquête, interviews)

- les traces du passé : les noms de rue, les maisons et la chapelle du Bas village, les écluses, les ponts, les canaux (inventaire, classement, questions)

- l'atelier de réparation des bateaux ( enquête)

2. Pistes de travail

- le Bas village et son activité batelière intense au temps des rois

- les canaux: origine et évolution de leur aménagement

o les transformations du paysage

o les conflits qui ont pu exister

o les jonctions et les ouvrages: écluses, barrages... Comment ça marche ?

- les bateaux et leur architecture suivant leur fonction

- les techniques de navigation: comment ? pourquoi ? quels changements ?

- les transports et trafics: que transporte-t-on ? rythme ?

- les conditions de travail et la vie des mariniers, éclusiers. ..

3. La recherche des réponses

- en réunissant un ensemble de documents issus des collections locales, des archives départementales, de la bibliothèque; en exploitant la visite au Musée de la Batellerie de Conflans-Sainte-Honorine, en interrogeant les gens de métier et les vieilles personnes.

4. Synthèse

- Rédaction d'un livret: le patrimoine fluvial dans la région de Vitry-le François

- une exposition en fin d'année

- la création d'un site Internet

- la participation à la réalisation du musée de la batellerie prévu à Vitry

II. La mise en oeuvre

la tradition batelière date du temps des rois avec le trafic sur la Marne ; au 19ème siècle, l' activité batelière est intense puisque trois canaux passent à Vitry et relient le Nord à l'Est et au Sud.

1. Les traces du passé

- sorties sur le terrain : la chapelle du Bas Village, les noms de rue, les canaux, les écluses»

- Ces traces du passé suscitent des questions :

Qu y avait-il autrefois au Bas-Village ? Qui y vivait ?

De quand datent les canaux ?

Comment étaient les bateaux ? Que transportait-on ?

- Travail sur des plans anciens et des cartes postales anciennes

- Le travail de l'historien .: les reconstitutions de F. Beaudoin au musée de la batellerie

2. Au temps des Rois ( frise chrono )

A- Sur la Marne, à Vitry, au Bas Village, une intense activité batelière

Non loin des portes de la ville,Comme un bouquet au bord de l'eau,S'élève riant et tranquille,un humble et paisible hameau C'est le verdoyant Bas-Village ,Jadis un des ports favorisDe tous les brelleurs de passageDe Saint Dizier jusqu'à Paris.Adolphe Chavance

Travail sur documents (Archives départementales) :

· Décision de l'évêché concernant la construction de la chapelle au 17ème siècle- E.Jovy 1930

· Article de Mr Brau « Le commerce fluvial aux 17c et 18c siècles à Vitry » dans un bulletin de la société des Sciences et Arts de Vitry p.102-138)

· Travail sur des registres de la paroisse du Bas- Village (A.D. E dépôt 3386)

· Les problèmes liés à la navigation sur la Marne: les barrages, les pertuis: Lettre de 1764 concernant la plainte du nommé Guillaume voiturier par eau à l'encontre du nommé Licard du moulin de Vitry (A.D. C 1744)

· Etude de la page de la bande dessinée montrant le passage des pertuis

· Les bateaux marnois

· Interview de Mr Menu de la société historique de Vitry

B -Partout en France, les marchandises et les personnes circulaient sur les fleuves et les rivières :

Travail sur document et à partir de la visite au musée de la batellerie

· Les ports à Paris « Vue du grand bras de la Seine à Paris vers l'aval » et « Du transport du bois »

· Le bac -tableau de Van Ruysdael sur le manuel Magnard , reproduction du tableau « Un bac » de Van Ruysdael

· Le coche d'eau Les eaux navigables transportaient non seulement des marchandises mais aussi des voyageurs. Ex : Paris vu du quai de Bercy en 1716

C -On commence à construire des canaux

Etude de documents montrant des écluses au temps des rois

· Lettre de 1752 concernant l'étude d'un projet de canal de communication des deux Mers (Archives départementales C 1746)

· Le principe du canal de jonction à alimentation artificielle.

· Carte des voies navigables, 1780-1812 ,

3. Au 19ème siècle : La navigation s'adapte techniquement à la révolution de l'industrie lourde et à sa technologie de base: le charbon, la machine à vapeur, la sidérurgie (

Une frise chrono)

A- « Au début du 19ème siècle, les possibilités offertes par les voies d'eau ne sont plus suffisantes pour satisfaire les besoins de l'économie » B.Lesueur

· Plusieurs plans d'ensemble du réseau fluvial sont conçus (celui de Dutens par exemple)

· Les canaux construits de 1800 à 1850

· La canalisation des rivières: le barrage mobile (vidéo VNF)

· Extrait d'un ouvrage de Dutens : Navigation intérieure de la France 1829

· Extrait d'un ouvrage de Lalou : Traité des fleuves et rivières 1850

· Les professions au Bas village en 1841 : Vers 1835, on estime que Saint pizier, Vitry et Bar envoyaient à Paris 7400 tonnes de bois de sciage et de charpente.

· Le canal de la Marne au Rhin est ouvert en 1852 entre Vitry et Nancy, l'année suivante, on inaugure la ligne de chemin de fer entre Châlons et Vitry ce qui entraîne la disparition du flottage et le déclin du Bas Village.

B- La «canalisation généralisée »

· Le chemin de fer concurrence la voie d'eau qui perd environ un quart de son trafic. Pour survivre, -il faut diminuer les frais généraux et transporter sur de longues distances :

· la famille du marinier s'installe sur la péniche

· la batellerie se spécialise dans le transport de certaines denrées dont la houille.

· il faut créer des voies nouvelles notamment pour mieux assurer la liaison entre le Nord et l'Est et mettre les canaux à un gabarit unique, le gabarit Freycinet. ( biographie de Freycinet)

· des cartes de France : canaux, industries, chemin de fer

· Trois canaux passent à Vitry : travail sur documents d'archives :

o les rapports d'ingénieur sur chaque canal (1904, 1912, 1923) : longueur, trafic, travaux, jours de chômage une émeute lors de la construction du Marne à la Saône

o le canal de la Haute Marne devient canal de la Marne à la Saône

· les ouvrages sur les canaux : ponts, écluses descriptif, fonctionnement carte pour les situer · l'installation d'un port à Vitry : travail sur documents d'archives construction, extension règlement

· les autres ports: celui de la cimenterie de Frignicourt, celui des fours à chaux des Louvières à Vitry

4. Des bateaux tractés et automoteurs

· La péniche de canal

· Le halage : à la bricole

la traction animale: travail à partir de cartes postales anciennes et de souvenirs de bateliers

· la traction mécanique : les trains électriques, le Latil, les oppositions à l'électrification (documents d'archives)

· les autres modes de traction et de propulsion : vapeur, touage, remorquage, poussage (travail à partir du musée de la batellerie)

· l'automoteur

Entre les deux guerres mondiales, une profonde révolution bouleverse la civilisation occidentale : la substitution du pétrole au charbon et du moteur à explosion à la machine à vapeur ; sur les voies navigables, l'automoteur concurrence la péniche.

· la circulation sur les canaux est réglementée : les règlements de police des Archives

· travail sur les chantiers navals de Sermaize

· visite au chantier de réparation de bateaux à Vitry ,

5. La vie sur les canaux

· les certificats de capacité (Archives)

· témoignages de bateliers

· visite et exploitation de l'exposition du musée de la batellerie « Vie et quotidien des mariniers »

6. Synthèse: réalisation de l'exposition présentée aux parents, en juin 2002

Deuxième exemple : Découverte et exploitation pédagogique du patrimoine industriel, en LP

(Classe de Jean-Marie Duquénois, Lycée Oehmichen)

Présentation des classes (année scolaire 2001- 2002) :

Il y a trois classes de 1ère Bac Pro au lycée Oehmichen de Châlons en Champagne:

1- 14 élèves en MSMA (Maintenance des Systèmes Mécaniques Automatisés)

2- 14 élèves en Productique

3- 13 élèves en MVI (Maintenance Véhicules Industriels)

L'ensemble des élèves participe au projet mais pas tous de la même façon. En effet les MSMA et les Productiques sont regroupés en une classe pour l'enseignement général (Français, Histoire-Géographie, Langue, Arts Appliqués...). Les MVI forment un groupe classe traditionnel, ils ont des professeurs d'enseignement général différents de ceux de l'autre classe. Il y a donc deux groupes distincts qui n'ont pas l'habitude de travailler ensemble.

Les élèves ont un BEP et suivent une formation pour obtenir le Baccalauréat Professionnel en 2 ans (1ère et Terminale).

Il faut noter également qu'en lycée professionnel il y a une bivalence entre les Lettres et l'Histoire géographie (ou entre les Lettres et les langues) : pour les trois classes concernées le professeur de Lettres assure l'Histoire géographie, l'ECJS et participe au PPCP.

L'objectif :

Réaliser un débat autour de l'enjeu des réhabilitations du patrimoine industriel local. Comprendre l'évolution des bâtiments et du travail des hommes.

Cet objectif permet d'envisager le travail pluridisciplinaire. Les matières concernées sont les Lettres, l'Histoire Géographie, l'ECJS, les Arts appliqués. Le thème est envisagé dans le cadre du programme d'histoire géographie de 1ère.

BO spécial n° 11 du 15/06/1995 (extraits) et commentaires. Sujet d'étude :

« 1. L'évolution du travail et ses conséquences dans le monde industriel depuis le milieu du 20e siècle

1.1. L'évolution des techniques

1.2. Les conséquences de cette évolution sur :

- l'organisation du travail, dans l'entreprise et dans la société

- la redistribution du travail dans le monde.

On inscrit ce thème dans un cadre chronologique périodisé. Il convient de souligner les interactions entre les différents facteurs qui expliquent :

- l'évolution des formes de la division et de l'organisation du travail. y compris dans sa dimension spatiale

- la transformation des métiers, des catégories professionnelles, la naissance et l'évolution du syndicalisme.

L'évolution des techniques et ses conséquences seront étudiées à partir d'exemples pris dans les pays précocement industrialisés et qui permettent de comprendre qu'il s'agit d'un processus continu parti de l'Europe.

Notions : Système technique ; Organisation du travail ; Division internationale du travail ; Filière ; Rapport capital/travail ; Productivité; Recherche ; Valeur ajoutée ; Industrialisation; Mécanisation ; Automatisation ; Tertiarisation ; Fordisme ; Taylorisme ; Mondialisation »

2. L'évolution des moyens de transport et d'information depuis le moitié du XIX siècle

2.1. Mise en place et développement des réseaux d'échangés

2.2. Les conséquences sur le monde industriel et agricole.

On part d'un exemple national choisi dans le monde industriel. On montre comment cette évolution :

- diminue les distances et les coûts

- permet les désenclavements

- étend progressivement les marchés à l'échelle du monde.

Notions : Communication; Distance/temps ; Distance/coût; Réseau ; Pôle; Flux ; Mondialisation; Médiatisation.

On retrouve également le thème du patrimoine industriel au programme d'ECJS qui commence en 1ère bac pro en septembre 2001. (B.O. N°2 du 30 août 2001 hors-série). En effet la conservation du patrimoine est un enjeu citoyen, et notre projet veut aussi aborder avec les élèves la question de la participation à la démocratie locale.

Réalisation :

- Etape 1

Etude comparative d'un plan de Châlons au début du 19e siècle et d'un plan actuel. Les élèves constatent l'extension urbaine et la naissance des quartiers périphériques.

Analyse du lien entre ce développement et les bouleversements liés aux transports et en particulier le train.

Recherche au CDI : construction d'une chronologie des découvertes liées aux transports, avec en plus les implications locales (construction de la gare...)

Grâce aux connaissances des élèves (en particulier l'existence des immeubles récents), il est possible de replacer le développement des quartiers dans une ébauche de chronologie : les élèves remarquent ainsi que le développement de la ville de Châlons se fait sur les principaux axes routiers et autour de la gare.

La situation même du lycée est une étape de la croissance urbaine : le parcours quotidien en bus du centre au lycée Oehmichen est un bon exemple : la place Monseigneur Tissier au cœur de la ville médiévale, puis la rue Léon Bourgeois et enfin la longue avenue Sarrail où les bâtiments marquent l' évolution des besoins de la ville de la fin du XVllIème siècle à nos jours.)

- Etape 2

En groupe : parcours urbain dans deux quartiers ciblés précédemment. Les élèves ont un appareil photo numérique qui permet un grand nombre de vues. Nous remontons le Faubourg Saint Antoine pour ensuite aller vers le quartier « rive gauche » autour de la gare.

Les élèves observent les bâtiments (industriels et habitations) et dégagent des « familles ». Nous choisissons de répondre aux questions mais nous suscitons le moins possible les arrêts.

La consigne est d'observer les bâtiments en identifiant la fonction (évolution ?) et si possible en repérant la date de la construction, c' est dans cette partie que les questions sont les plus nombreuses.

Liste non exhaustive des éléments repérés par les élèves en relation avec le projet :

- Faubourg saint Antoine :

o Une usine désaffectée avec des bâtiments en brique-pierre et des bâtiments en béton.

o En face une très grosse maison d'habitation en brique et en pierre avec un jardin, des décorations. aujourd'hui occupé par une entreprise du secteur tertiaire.

o Une série de maisons de taille moyenne en brique et pierre. Les élèves remarquent l'alternance et les décors donnés par des lignes de pierres dans les murs de brique, ou par les encadrements de porte et fenêtre.

o Les anciens abattoirs transformés en bureau de la DRAC. (visite de la cour)

- « Rive gauche »

o La gare

o La friche industrielle « la comète » avec une partie réhabilitée.

o Les deux maisons de champagne

Bilan en classe du parcours et sélection des photos permettant de comprendre les bâtiments vus. )

- Etape 3

Voyage au musée du textile et de la vie sociale de Fourmies (59).

L'écomusée de Fourmies présente un double intérêt pour notre projet :

- C'est une réhabilitation d'un site industriel.

- On peut y voir des machines fonctionner.

A la suite des travaux du GFR pendant l'année 2001-2002, des travaux ont été projetés, qui concernent la Marne, les Ardennes et la Haute-Marne pour l'année 2002-2003

En école primaire :

Deux projets d'activités pédagogiques à l'école élémentaire menés par la Circonscription de Vitry-le-François concernent deux ensembles de vestiges d'un patrimoine encore très vivant dans la mémoire des habitants :

Projet 1 : Les trois tuileries de Pargny sur Saulx

1. le site Gilardoni

Gilardoni , inventeur de la tuile à emboîtement, fonde une usine à Altkirch en 1835, à Dannemarie en 1864 et à Pargny au lieu dit « Bois du roi » en 1873. Entièrement détruite à la première guerre mondiale, l'usine a été reconstruite en 1920. Dans les années 70, l'usine est reprise par Huguenot Fenal puis récemment par Imerys toiture.

Il reste : des photos de l'usine avant sa destruction ; une machine à mouler les tuiles ; des bureaux ; la maison des contremaîtres ; la maison patronale construite en 18 84 ; la maison appelée « Villa des roses » construite après l'exposition universelle de 1900 ; la chapelle construite dans les années 30 ; des logements ouvriers. Un musée de la tuile est installé dans l'enceinte de l'usine.

Des témoignages sur le processus de fabrication, la vie à l'usine et hors de l'usine au début du siècle et après peuvent être recueillis auprès d'une personne qui a 70 ans et a eu toute sa famille qui a travaillé à l'usine Gilardoni Des articles de journaux et des courriers concernant les licenciements en 1970 lors de la reprise par Huguenot Fenal. Pour se rendre sur le site, contacter l'actuel directeur d'Imerys toiture Didier MONOT 11 Avenue de la Marne F 51340 Pargny sur Saulx TEL 03 26 73 68 50 Fax 03 26 73 68 03 E mail: d.monot@imerys toiture.com

2. le site Simonnet

L'usine est fondée par Simonnet à Pargny en 1817, démolie lors de la première guerre mondiale et reconstruite vers 1920. L'activité cesse vers 1970 et l'usine est détruite.

Il reste: des photos de l'usine avant 1914 et vers 1960 ; des papiers à en tête de 1910 et 1936 ; les bureaux (maison privée actuellement) ; la maison patronale ; la maison du directeur ; des logements ouvriers.

3. le site Huguenot

L'usine est fondée par Huguenot en 1811 à Pargny au lieu dit le Mont de Cerf ; détruite à la première guerre mondiale, elle est reconstruite en 1920 avec une cité ouvrière ; elle fonctionne jusqu'en 1970 date à laquelle elle est reconstruite sur un site voisin. En 1956 Huguenot a fusionné avec Fenal sous la raison sociale « Faïenceries et tuileries Huguenot Fenal ». Dans les années 70, la société s'appelle Tuileries Huguenot Fenal et reprend Gilardoni. L'usine a été reprise récemment par Imerys toiture.

Il reste: du papier à en tête de 1909 ; des photos de l'usine avant 1914 ; les bureaux ; un hangar ; la maison patronale ; la maison du directeur ; des logements ouvriers.

Projet 2 . Les fours à chaux. Trois sites :

Soulanges :des fours à chaux en bordure de route près du canal latéral à la Marrie usine qui appartenait au Baron de Klopstein à l'abandon

Vitry « Les Louvières » : des fours à chaux en bordure du canal latéral à la Marne ; un bâtiment: la sacherie site privé (hôtel)

Chatelrâoult

Au rez de chaussée d'un bâtiment en ruine, deux fours à chaux un monte charge et un lieu d'ensachage à l'étage : une trémie logements des ouvriers la maison d'habitation du patron (en ruine) site privé petite usine appartenant à la fin du 19è» siècle à un certain Mr PAQUIS qui fournissait en chaux les agriculteurs du secteur

Exploitation pédagogique prévue : Il s'agira de s'approprier les sites, de comprendre leur genèse, leur trajectoire, d'envisager leur devenir et de se questionner à ce sujet, de mettre en relation des hommes, des bâtiments, des produits pour comprendre les logiques spatiale, sociale et économique

Démarche

Travail sur le terrain à Vitry et sur photos pour Soulanges et Chatelraoûlt (sites privés non visitables) ; repérage sur le terrain des vestiges, localiser sur un plan actuel, sur une carte ; visite de la cimenterie de Couvre ou de l'usine d'Omey pour comprendre l'utilisation du calcaire ; texte retraçant la visite.

A partir du questionnement suscité par les sorties et les visites, mise en évidence pour chaque site

- Les logiques spatiales : travail sur des cartes, des plans anciens du site, des cartes postales anciennes pourquoi une implantation à cet endroit ? écrire un texte Des espaces pour l'extraction, pour la production, pour l'expédition; proximité des voies de communication mettre des couleurs différentes sur un plan et faire des dessins pour illustrer chaque espace Les évolutions du site: réaliser des plans à différentes époques

Les logiques économiques : travail sur les archives de l'entreprise et à partir de témoignages oraux Le processus de fabrication : écrire un texte et réaliser des schémas : « du calcaire à la chaux » Le système de vente, les débouchés : localiser sur

une carte Le contexte économique de l'époque: écrire un texte de synthèse L'évolution de l'entreprise: faire une frise chrono

Les logiques sociales travail sur les archives de l'entreprise et à partir de témoignages oraux La vie des ouvriers dans l'usine écrire un texte : « ma journée à l'usine » Le logement ouvrier ?

Au cours du travail : visite à l'écomusée de Montjean en Anjou ?

Synthèse et évaluation :

- la rédaction d'un livret sur les fours à chaux autrefois

- une exposition en fin d'année

- le site Internet de l'école sera alimenté au fur et à mesure des travaux réalisés

Patrimoine industriel ardennais : le projet du collège multisite Mouzon-Raucourt

I- Rappel du contexte

La notion du patrimoine en général apparaît dans les programmes dès la 6è en Education civique. A partir de l'étude d'un ou deux monuments locaux, les élèves sont sensibilisés à la conservation et à la réhabilitation des sites. Ils peuvent aussi s'interroger sur la nécessité de transmettre ce patrimoine aux générations futures. Les programmes d'histoire en 4ème et de technologie en 3ème permettent d'étudier des aspects du patrimoine industriel à partir de l'étude de l'âge industriel et des innovations techniques.

L'intérêt pour le patrimoine industriel est né en Europe occidentale quand les désindustrialisations ont suscité l'inquiétude face au risque de voir disparaître tout un pan de la mémoire commune aux sociétés industrielles occidentales, celui des premières phases de l'industrialisation. En France, depuis les années 1980, les bâtiments à usage industriel sont inventoriés et étudiés. Dès 1990 en Champagne Ardenne, sous l'impulsion de l'inspection d'Histoire Géographie, des équipes d'enseignants ont été réunies pour étudier des sites industriels et réfléchir à la mise en place de séquences pédagogiques, en particulier sur la métallurgie en Haute Marne, le textile, les ardoisières et la boulonnerie dans les Ardennes.

Dans ce contexte, les élèves du site de Raucourt sont sensibilisés depuis des années au patrimoine industriel local: le textile à Sedan, la métallurgie dans les vallées de l'Ennemane et de la Meuse. Aujourd'hui, notre équipe a la volonté de poursuivre cette expérience en la partageant avec des enseignants et des élèves de Haute Marne: il s'agit d'un travail en partenariat avec deux enseignantes Histoire Géographie et Technologie ) du collège La Noue à Saint-­Dizier.

Plus récemment, des échanges avec la Belgique ont été amorcés: ville de Liège, mine de Blegny Trembleur. Cette première expérience d'ouverture du collège sur la région administrative et la région transfrontalière doit permettre de renouveler nos pratiques, de rendre nos élèves acteurs à part entière, et d'échanger des expériences qui pourraient déboucher sur la création d'un réseau d'échanges au sein de la Champagne Ardenne et avec la Belgique.

II- Descriptif du projet

1. Objectifs disciplinaires histoire géographie et technologie:

Histoire : Etude de l'âge industriel. A partir des transformations techniques de production de la fin du XVIII'

siècle à l'aube du XXO siècle, l'étude dégage les faits majeurs du phénomène industriel et de ses effets

géographiques et sociaux.

Technologie: Préparation du module de 3ème « Histoire des techniques » à partir des évolutions du XIXO siècle. Développer la curiosité des élèves à l'égard du patrimoine que constituent les inventions et les innovations techniques du passé. Mettre en relation la connaissance des techniques avec la connaissance historique des sociétés. S'interroger sur la place et l'influence de la technique dans la culture d'une époque. Etudier les interactions entre les innovations techniques et la culture d'une société.

Scénario production d'un service au programme de 4ène. Respecter des échéances pour la production des documents finaux (vidéo, livret ). Gérer un ensemble d'informations.

2. Objectifs généraux :

• S'approprier quelques aspects du patrimoine industriel de sa région pour se comporter en citoyen responsable: comprendre la nécessité de sauvegarder les traces de l'industrialisation ( les sites, les machines, les outils, l'habitat... ) ;

• Acquérir des notions fondamentales sur l'âge industriel, les aspects du travail et les techniques de l'entreprise pour mieux se situer dans l'histoire de son département, de sa région et plus largement de l'Europe ;

• Prendre conscience des effets d'un choix technologique sur les paysages et la société

• Acquérir un vocabulaire spécifique pour décrire et comprendre le phénomène de l'industrialisation

• Identifier les informations techniques et historiques et les mettre en relation, établir une synthèse

3. Projet pédagogique

Il s'inscrit dans le cadre des programmes et des horaires de la classe de 4ème mais nécessitera la banalisation de quatre journées environ pour la visite des sites et l'accueil des élèves de Saint Dizier.

a- Etapes du projet et calendrier prévisionnel : (voir tableau ci-contre)

b- Bilan et évaluation du projet:

- Réalisation d'une vidéo sur le parcours urbain à Sedan ( traces du bâti de l'espace manufacturier en ville) avec un livret pédagogique en direction des élèves du collège de Saint?Dizier.

- Réalisation d'un tableau bilan : dégager les points communs et les différences dans le travail de la laine et de la métallurgie localisation, énergie, bâtiments... ) avant et après l'industrialisation.

c- Aspects pratiques

Les moyens financiers pour le déplacement des élèves sur les sites à étudier ont été demandés avec l'ouverture

d'une classe à PAC au collège. Les aspects techniques et le scénario de la vidéo seront préparés dans un Itinéraire de Découverte.

au Lycée Professionnel Oehmichen, Châlons en Champagne :

Le Patrimoine industriel, s'approprier l'existant, esquisser son avenir

Classes

Deux classes de première Bac Pro (Logistique et Hôtellerie ou Logistique et MVI), soit un maximum de 45 élèves. Début de l'action : Février 2003 ; fin de l'action : Avril 2003

o Travail pluridisciplinaire sur la friche industrielle " la Comète " avenue de Paris à Châlons en Champagne

o Visite de 2 sites : Ecomusée de Fourmies, matinée avec le thème " La Révolution industrielle dans le secteur de la laine " pour découvrir les machines et des archives. Après midi visite du Familistère de Guise.

o Voyage à Paris : Musée d'Orsay, le bâtiment et les collections : architecture, de la gare au musée.

Objectifs

Découverte du patrimoine industriel local et des enjeux de la réhabilitation.

Imaginer une structure architecturale contemporaine fonctionnelle qui puisse s'insérer dans le paysage urbain. Découvrir et comprendre le site historique ; imaginer une réhabilitation

1. Séquence :

- Etape 1 : Projection de quelques photos actuelles de l'extérieur ; questionnement pour identification et bilan des connaissances.

- Etape 2 :

Visite du site avec prise de photos, la friche mais aussi la partie transformée en " pôle d'activités " pour "jeunes entreprises "en 2000 et le " Château ".

Contact : Monsieur Terrier, de la maison Laurent Perrier de Tours sur Marne, locataire des caves et des bâtiments.

- Etape 3 :

Travail en groupe sur les archives municipales et départementales, ainsi que sur les sources disponibles à la bibliothèque G. Pompidou analyse et prise de photos. Thèmes : Naissance du site, évolution et état des bâtiments ; activités et les débouchés

; système de production ; travail des hommes.

Production :

Panneaux d'exposition montrant la friche actuelle et permettant d'expliquer par l'étude historique la naissance, l'évolution et l'état des bâtiments, les hommes et les activités.. Cela devra être replacé dans le contexte de a ville de Châlons du milieu du l9'~`e siècle à aujourd'hui (transport, croissance urbaine..).

- Etape 4 :

Rencontre avec un architecte du cabinet Gouzien ? Pingat de Châlons en Champagne qui a assuré la rénovation d'une partie de la friche. (si impossible avec ce cabinet, rencontre avec un autre architecte)

Thème : comment abordé le patrimoine industriel ? pour faire quoi ? comment articuler le patrimoine industriel dans les nouvelles fonctions urbaines ? avec quels objectifs artistiques et architecturaux ? Cette rencontre aura la forme d'un petit exposé, question ?réponse mais aussi d'un débat dans la seconde partie.

- Etape 5 :

Réalisation de projets : les élèves en groupe choisissent une partie (un bâtiment) de la friche et font un projet complet de réhabilitation.

- se confronter aux problématiques liées à l'aménagement du cadre de vie

- Comment donner une deuxième vie à un bâtiment industriel ?

- Avec quelle nouvelle fonction ?

- Réflexion sur la signalétique, les points de repère, le point de rencontre, espace culminant, l'identité de la ville, animation ou la valorisation du quartier " rive gauche ".

Production : Panneaux d'exposition, maquettes, plans ... concernant les projets des élèves (axes développés : fonction du bâtiment et architecture)

- Etape 6

Exposition, si possible à la bibliothèque George Pompidou, et dans l'établissement, des projets des élèves et des panneaux sur l'histoire de la friche.

2. Les sources :

cf. inventaire de la DRAC, Châlons en Champagne

La famille Jacquesson établit une maison de champagne au début XIXe siècle (1804?) en association avec M. Juglar. Elle connaît un rapide développement qui lui permet &atteindre de se hisser parmi les plus grandes maisons de champagne. Ainsi, 200 des 340 personnes employées à Châlons par les huit négociant en vins de champagne, l'étaient par les champagne Jacquesson (vers 1863?1865).

La maison a été conçue de manière très rationnelle. Le bâtiment principal de 120 m de long et de quatre étages se trouvait audessus d'un réseau de 4 Km de caves. D'autres constructions à deux niveaux s'étendaient sur 260 m le long du plateau de la montagne.

Au moment des vendanges, le raisin arrivait par voitures directement au troisième étage par un système de rampes spéciales. Monté au quatrième par des grues, les grappes étaient versées par les ouvriers sur dix égrappoirs. Les grains alors détachés, tombaient par dix trémies entre deux rouleaux disposés au?dessus de dix pressoirs placés au niveau inférieur. Tous les jus tombaient dans des cuves situées au deuxième étage à l'aide de tubes en fer blanc mobiles. Après le tirage, le vin en pièces était descendu en celliers par un système de grues et de trappes ménagées dans le plancher. Le vin, une fois mis en bouteilles était entreposé en cave. Suivaient alors, parés plusieurs armées plusieurs opérations : le dégorgement, le dosage, le bouchage et enfin l'emballage et l'expédition. Les caves étaient éclairées par un procédé de réflecteur en métal, qui permettait de faire pénétrer la lumière du jour par des puits verticaux.

Les entreprises Jacquesson étaient à l'origine de divers brevets d'invention comme la capsule métallique mise au point en 1844. On peut noter également plusieurs machines : nouvelle manière d'entreillage et de mise sur pointe des bouteilles (1851) et machine à rincer. Une large publicité, l'utilisation des moyens de transport modernes ainsi que la renommée de quelques hôtes de marque avaient apporté à la maison Jacquesson un prestige auquel mit fin la guerre de 1870. La liquidation des stocks en 1878 et la mort du propriétaire en 1881 ont mis fin à l'essor de la marque

Le site industriel fut repris par une brasserie franco?viennoise et plus tard par une fabrique de parquet à vapeur. Enfin, une société racheta la partie centrale des caves avec les bâtiments pour y installer une brasserie avec distillerie et malterie. " La Comète " modernise fortement l'usine vers 1920. On y fabrique de la bière jusqu'à sa fermeture en 1987. Seule la tour de distillation en pierre de taille et de style néogothique (baies arcs brisés), ainsi que les logements ouvriers datent de l'époque de la Maison de Champagne Jacquesson.

Nombreux documents d'archives, cartes et plans à la Bibliothèque municipale de Châlons en Champagne, photographies conservées aux bibliothèques de Châlons et de Reims.

Bibliographie

Arnoult J.M. C'était hier Châlons sur Marne au XIX e siècle Paris, 1979, 125p.

Champagne Jacquesson et Fils, 16p.

Adolphe Jacquesson inventeur de la capsule ; in Folklore de champagne n' 126?127,1981,p29?55. Notes sur les objets présentés par la Maison Jacquesson et Fils, négociants en vins de champagne, à Châlons sur Marne à l'exposition de 1849. Projet de la société de la Grande Brasserie franco?viennoise de Châlons sur Marne, bières de Vienne d'après les procédés de la Maison Dreher de Vienne Châlons, 20p.

Le n°2 des Cahiers de l'Association pour le patrimoine industriel en Champagne-Ardenne (APIC) est consacré à l'eau, et plus particulièrement à sa place dans l'industrie de notre région. Y sont retranscris les actes du colloque de l'APIC et du Comité pour la réhabilitation et l'étude du patrimoine industriel (CREPI) des 19, 20 et 21 mai 2000 à Sedan.

Contrairement à l'image que l'on s'en fait généralement, l'industrialisation s'est effectuée bien plus souvent à l'aide de l'eau que du charbon, et c'est bien en fonction de la carte hydrographique que se sont installées les usines dès le XVIIIème siècle. Il est donc question, dans cet ouvrage, de revenir sur le concept de « révolution industrielle ».

Les Ardennes ont été un territoire privilégié de l'industrialisation par l'eau. Les usines y ont littéralement « poussé » le long du moindre cours d'eau, produisant un paysage particulier. L'énergie hydraulique était la plupart du temps combinée avec la machine à vapeur, conçue comme un moteur de remplacement, et utilisée dans tous les types de production : filature, métallurgie, fonderie, meunerie... Tour à tour complice et obstacle, l'eau a été domestiquée par des entrepreneurs ingénieux qui ont développé un véritable « système hydraulique », allant de l'aménagement du cours d'eau (dérivation, création d'une chute) à la conception du moteur. Cette exploitation intensive a suscité dès ses débuts de vives critiques, en raison de la pollution qu'elle n'a pas manqué d'engendrer.

En nous faisant découvrir dans cet ouvrage un patrimoine industriel d'une grande richesse, les auteurs des communications ont souligné sa fragilité en même temps que les multiples applications pédagogiques qu'il peut susciter.

Le CRDP publie également Chemin vert, l'œuvre d'éducation populaire dans une cité-jardin emblématique, qui entre dans la collection des hors série de l'APIC. Le quartier du Chemin vert a été créé à la fin de la première guerre mondiale, dans une ville en ruines, à l'initiative de Georges Charbonneaux, notable de Reims, et du Foyer Rémois dont il était le président-fondateur.

Georges Charbonneaux a voulu offrir aux familles nombreuses à revenus modestes de la ville des conditions de logement exemplaires : une habitation saine à petit loyer, équipée d'un jardin, installée dans une petite cité fleurie à la périphérie de la ville disposant d'équipements socio-culturels performants. Influencés par les théories hygiénistes et natalistes de leur temps, Georges Charbonneaux et les actionnaires du Foyer Rémois entendaient de cette façon améliorer grandement l'hygiène morale et physique des familles nombreuses. Les bienfaits du jardin qui éloigne du cabaret se conjuguaient pour cela à tout un dispositif paternaliste mis en place par le Foyer Rémois : un règlement codifiant les attitudes des locataires, un loyer dégressif pour encourager le développement de la famille, une Maison Commune offrant des occupations saines et constructives (bibliothèque, théâtre…), une Maison de l'Enfance prenant en charge la surveillance sanitaire de la cité, une église et des patronages pour encadrer la population, et surtout une résidente sociale, vivant au milieu des habitants et toujours prompte à donner des conseils ou corriger des attitudes.

L'ouvrage se propose de décrypter les mécanismes de pensée et d'action des créateurs du Chemin vert, et de mesurer l'impact que cette politique a eu sur la population de la cité.

 

 

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°28, 2002.

 

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