Enseigner la déportation et l'extermination
Conférence de M. ROCHE au CDDP de l'Aube - Février 2002
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Enseigner la déportation n'est pas une tâche facile et ce pour différentes raisons. Mais deux approches sont fondamentales et complémentaires pour faire en sorte que le passé ne se renouvelle pas : => le devoir de mémoire : les témoins transmettent le passé. => l'explication historique : les historiens cherchent à comprendre pourquoi cela s'est passé. Michel ROCHE, correspondant de l'ancien Comité d'Histoire de la Seconde Guerre Mondiale, qui a eu de ce fait un accès privilégié aux Archives Départementales de l'Aube, va esquisser un état des lieux de la connaissance historique, laissant aux témoins survivants la mission douloureuse de transmettre leur tragique expérience. Il s'applique à montrer comment la déportation dans les camps, phénomène récurrent du XXème siècle, et l'extermination, beaucoup plus spécifique du nazisme, se sont combinées à partir d'un certain moment dans des conditions historiques particulières pour donner lieu à une entreprise de destruction essentielle pour le régime mais très compliquée à organiser dans le détail. Si le bilan en est terrible, il n'en demeure pas moins très différent selon les différentes parties de l'Europe concernées.
Le XXème
siècle est bien le siècle des camps. Le système s'est
mis en place dès la fin du XIXème siècle, lors de
la Guerre de Sécession où les Yankees ont enfermé
des Sudistes dans les premiers camps conçus pour concentrer les
adversaires et non plus seulement des prisonniers de guerre. Dès 1933, Hitler crée le premier camp en Allemagne, celui de Dachau avec un objectif très clair : la répression d'individus jugés dangereux, internés "par mesure de sécurité, par mesure préventive ou par mesure de rééducation". Outre cet aspect directement répressif, ces camps servent également à terroriser l'ensemble de la population allemande car ils font planer une menace constante sur d'éventuels opposants. Mais, dans les premières années, les détenus après une période de camp peuvent être libérés. Ces camps évoluent ensuite rapidement comme le goulag vers le travail forcé, donc l'utilisation d'une main d'uvre gratuite.
- Le fort
accroissement du nombre d'individus emprisonnés du fait de la guerre
: on aboutit à l'existence d'une douzaine de grands camps avec
des centaines de Kommandos très différenciés où
vont être accumulées des centaines de milliers de personnes. - La stratification des détenus, notés en particulier par différents triangles :
Cette appellation controversée concerne les personnes réquisitionnées pour aller travailler en Allemagne à partir de 1943 par le STO, le Service du Travail Obligatoire.
La race est bien le principe central de la condition humaine dans la Weltanschauung, la philosophie du monde nazie, elle est la clé de l'histoire du monde. Selon Hitler : "l'Aryen est le Prométhée du genre humain ; l'étincelle divine du génie a de tout temps jailli de son front lumineux ; il a toujours allumé à nouveau ce feu qui, sous la forme de la connaissance, éclairait la nuit Conquérant, il soumis les hommes de race inférieure et ordonna leur activité pratique sous son commandement, suivant sa volonté et conformément à ses buts." Le Juif, par contre "est et demeure le parasite-type, l'écornifleur qui, tel un bacille nuisible, s'étend toujours plus loin, sitôt qu'un sol favorable l'y incite. Là où il se fixe, le peuple qui l'accueille s'éteint au bout de plus ou moins longtemps Pour dissimuler ses menées et endormir ses victimes, il ne cesse de parler de l'égalité de tous les hommes, sans considération de race et de couleur". Son véritable but est de "détruire par l'abâtardissement résultant du métissage, cette race blanche qu'il hait". Un combat apocalyptique oppose donc la race aryenne "créatrice et porteuse de culture" notamment au "bacille juif". Pour l'avenir de la nation allemande il faut donc préserver le sang aryen, ce sang en qui "réside la force aussi bien que la faiblesse de l'homme". Il en résulte donc une hiérarchie des groupes ethniques qui sont en lutte pour l'existence. La race aryenne doit s'assurer l'espace vital, le "Lebensraum" dont elle a besoin au détriment des peuples inférieurs. Tout en bas bien sûr de cette hiérarchie, les Juifs corrupteurs sont comme des bacilles qui conspirent pour contrôler le monde moderne par les médias, par la démocratie, mais aussi par le capitalisme comme par le socialisme. Et bien sûr, l'Union Soviétique où se sont réunis le judaïsme et le bolchevisme dans le "judéo-bolchevisme", est la puissance destructrice par excellence. C'est pourquoi Hitler finira par rompre le pacte germano-soviétique dont il n'avait qu'à se louer en juin 1941 pour se lancer dans cette "Drang Nach Osten", cette "ruée vers l'Est" qui combine à la fois cette guerre idéologique fondamentale avec la recherche de cet espace vital à l'Est. Dès le 30 janvier 1939 dans un discours, Hitler avait prévenu : "En ce jour d'aujourd'hui, qui peut-être ne restera pas mémorable pour les Allemands seulement, je voudrais ajouter ceci dans ma vie, lors de ma lutte pour le pouvoir, j'ai souvent été prophète, et j'ai souvent été tourné en ridicule, en tout premier lieu par le peuple juif. Je crois que ce rire retentissant des Juifs allemands leur est resté entre-temps dans la gorge. A nouveau, je vais être prophète aujourd'hui. Si la juiverie internationale réussissait, en Europe ou ailleurs, à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, le résultat n'en serait point une bolchévisation de l'Europe et une victoire du judaïsme, mais l'extermination de la race juive en Europe". Cette conception du monde peut s'appuyer sur une science pervertie, inspirée du Darwinisme social, qui justifie cette inégalité des races humaines par parallélisme avec ce que l'on croit comprendre de la théorie de l'évolution et de la nécessaire disparition des êtres vivants les moins bien adaptés à la survie. Au nom de "l'hygiène raciale" on justifie la liquidation des inférieurs, des indésirables, des "sous-hommes" jugés irrécupérables au nom d'une "infériorité biologique". Les conditions
idéologiques sont donc réunies pour passer quand il le faudra
à la pratique raciste.
a) L'opération T4 : c'est le nom de code, en référence à l'adresse postale du bureau central de Berlin, Tiergardenstrasse 4, de l'extermination des "vies sans valeur" qui a abouti à éliminer plus de 100 000 malades mentaux, handicapés et invalides. En 1939, six instituts "d'euthanasie" sont mis en marche. On va exécuter par des injections de morphine mais rapidement par du gazage dans des chambres à gaz ou des ambulances spécialement aménagées, au moyen de monoxyde de carbone. 70 000 personnes sont tuées entre septembre 39 et août 1941 : les parents reçoivent ensuite une lettre de condoléances. "Monsieur, Comme vous l'avez certainement appris en son temps, votre fille, Mademoiselle X a été transférée sur décision ministérielle dans notre établissement. Nous avons le pénible devoir de vous annoncer que votre fille est décédée chez nous le d'une grippe avec abcès du poumon. Tous les efforts entrepris par les médecins pour maintenir la malade en vie ont malheureusement échoué. Nous vous exprimons nos très sincères condoléances. Vous trouverez une consolation dans la pensée que la mort de votre fille l'a libérée de souffrances pénibles et incurables. Nous conformant aux instructions de la police, nous avons dû procéder immédiatement à l'incinération du corps. Cette mesure, qui s'impose à nous de la manière la plus stricte, a pour but de protéger la patrie contre la propagation de maladies infectieuses qui présentent en temps de guerre un grave danger. Si vous
souhaitez recevoir l'urne funéraire, dont l'envoi est gratuit,
veuillez nous le faire savoir et nous adresser l'accord écrit de
l'administration du cimetière. A défaut de réponse
de votre part dans les quinze jours, nous procéderons nous-mêmes
à l'inhumation de l'urne. Vous trouverez ci-joint deux actes de
décès pour usage administratif. Nous vous prions de les
conserver avec soin. En août 41, des rumeurs circulent, les nouvelles s'ébruitent, les autorités protestantes et catholiques protestent L'élimination à grande échelle est désormais arrêtée. Mais 30 000 personnes continueront à être éliminées jusqu'à la fin de la guerre. b) La "solution finale" : c'est le nom de code de l'opération d'extermination des Juifs, la plus meurtrière. Elle intervient au bout d'un long processus. Les historiens ont beaucoup débattu de ce processus. Pour les historiens intentionnalistes, le rôle personnel d'Hitler et sa haine pathologique des Juifs expliquent l'essentiel : son intention est préméditée, cohérente, tout est prévu et programmé depuis ce qui a été écrit dans "Mein Kampf". Pour les historiens fonctionnalistes, au contraire, le processus de décision a été extrêmement complexe même si Hitler y a joué un rôle fondamental, mais la solution finale est l'expression d'une spirale de radicalisation, d'une sorte d'engrenage dont on ne peut sortir car on ne peut venir à bout de la "question juive". Trois grandes phases se succèdent : de 1933 à 1939 : c'est l'exclusion violente notamment de très nombreuses fonctions, la mise à l'écart systématique qui se combine avec déjà quelques déportations et un encouragement à l'émigration. Mais le début de la guerre va mettre un terme à cette phase, ne serait-ce que parce qu'elle interdit l'émigration. D'où une deuxième grande phase de 1939 à 1941 marquée surtout par la ghettoïsation, la mise en ghettos des Juifs avec en outre des massacres sporadiques, et deux projets de réserves pour les juifs qui sont étudiés à Lublin et à Madagascar (cette dernière en négociations avec la France). On peut noter un parallélisme avec la politique soviétique et le territoire juif du Birobidjan au fin fond de la Sibérie. Mais cette politique est à nouveau un échec pour les nazis puisque le nombre de Juifs ne cesse d'augmenter dans le territoire qu'il contrôle. On aboutit alors à la politique d'extermination, de 1941 à 1944. La guerre
de l'Est va être le moteur (elle met en marche des millions d'hommes
pour exterminer les juifs) et la justification de cet anéantissement
(s'il y avait guerre mondiale, les juifs devaient être les premiers
à en pâtir). Pour ce faire : D'abord sont créées les Einsatzgruppen : 3 000 hommes sont recrutés initialement pour exécuter en les fusillant les cadres du Parti Communiste au printemps 1941, puis tous les juifs, à partir de l'été 1941. Ainsi est mise en place la "solution finale", inspirée par Hitler qui a pris une décision irrévocable en septembre 1941 semble-t-il au moment des premiers échecs de la Wehrmacht. C'est une tâche compliquée à réaliser, il faut donc une véritable coopération interministérielle pour la planifier. La réunion, prévue en décembre 1941, est repoussée en raisons des événements de Pearl Harbor à janvier 1942. Elle a lieu à Wannsee, dans la banlieue de Berlin ; Hitler y est absent, aucun ministre allemand n'y assiste. Nous la connaissons très bien puisque nous en possédons le complet compte-rendu sténographique : elle est présidée par Heydrich avec Eichmann comme secrétaire de séance. La question de la légitimité de la solution finale ne sera bien sûr jamais discutée. Après avoir beaucoup discuté de budget pour le transport et l'anéantissement, les hauts fonctionnaires se montrent surtout préoccupés par le sort des responsables allemands ou de leur entourage qui auraient du sang juif (c'était par exemple le cas de la femme de Goebbels) : c'était bien la conséquence lointaine de la politique bismarckienne qui consistait pour les Jünker allemands à "engrosser les juments juives" (Bismarck). Alors sont mis au point 6 camps d'extermination : Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka, Maïdanek et Auschwitz. Les camps
ne sont d'ailleurs au début que des centres d'extermination très
réduits en surface avec un terminal ferroviaire, un bâtiment
de dépôt et un bâtiment de gazage, parfois un simple
garage où on installe les camions et les ambulances d'extermination
récupérés de l'opération T4 interrompue. Ils
utilisent les gaz d'échappement. C'est ainsi que seront exterminés
bien des Juifs de Pologne, mais cette méthode ne permet pas d'exterminer
assez rapidement dans la barbarie de la logique nazie. Auschwitz est le "summum" des centres d'extermination puisque sont intégrés la chambre à gaz et le crématoire, ce qui permet l'horrible "rendement" de 12 000 personnes "traitées" par jour. c) Le cas des Tziganes : ils ont été arrêtés, souvent déportés à Auschwitz, épargnés jusqu'en 1944 puis exterminés. d) Le cas des prisonniers russes : ils ont également été victimes de l'extermination, dès l'hiver 41/42 quand on les laisse mourir de faim et de froid dans des camps où les bâtiments n'ont pas encore été construits puis sporadiquement jusqu'en 1944, lorsqu'on les extermine dans les camps de "solution finale" entre deux convois de Juifs.
Les camps
de concentration sont répartis sur l'ensemble du territoire du
grand Reich puisqu'ils fournissent de la main d'uvre gratuite un
peu partout en Allemagne. Auschwitz et Maïdanek sont des camps mixtes : camps de concentration et camps d'extermination. On y pratique donc une sélection à l'arrivée : on met de côté provisoirement les gens qui peuvent être utiles quelque temps, on extermine immédiatement les autres.
Auschwitz
est un carrefour ferroviaire au débouché Nord de la trouée
de Moravie. Une ligne ferroviaire Est-Ouest allant de Berlin et de Silésie
vers Cracovie et la Galicie coupe une ligne ferroviaire Nord-Sud reliant
la Baltique et Varsovie à Vienne et à la vallée du
Danube. Cette situation était donc intéressante pour les
Allemands.
D'après la revue Les Collections de l'Histoire n°3 et R. HILBERG, La destruction des juifs d'Europe, Fayard, 1988. On peut noter que si 5 100 000 Juifs ont été victimes de l'extermination, 3 500 000 prisonniers soviétiques (non compris les victimes des fusillades des Einsatzgruppen) ont également été massacrés dont plus de la moitié au cours du seul hiver 41-42 à cause de la faim et du froid.
D'après R. HILBERG, La destruction des juifs d'Europe, Fayard, 1988 Les chiffres
et surtout les pourcentages sont très disparates et très
contrastés. Une autre
remarque est plus instructive : les pays occupés par les forces
allemandes ont des pourcentages compris entre 60 et 90 % ; les pays satellites
voient ce pourcentage ramené à un chiffre compris entre
20 et 50 %. La Finlande a ainsi sauvé tous ses Juifs, la Bulgarie également ; en contre partie ce dernier pays a pourtant livré les Juifs Macédoniens. La Hongrie a sauvé la moitié de ses Juifs, ceux de Budapest, car l'opération d'extermination a été arrêtée par Himmler pour des raisons que nous allons voir bientôt. L'Italie a protégé ses Juifs contre Hitler et même contre Vichy dans la zone d'occupation italienne jusqu'à la déposition de Mussolini par le roi. Ensuite, la République de "Salo" a livré ses Juifs aux Allemands mais elle ne contrôlait qu'une petite partie du pays. Le cas du Danemark est très exemplaire : bien qu'occupé par les troupes allemandes, le pays a résisté à la livraison des Juifs. Il est vrai que le roi lui-même a menacé de porter l'étoile jaune si on obligeait les Juifs à la porter et finalement la résistance danoise a réussi à les faire évacuer vers la Suède.
Il est intéressant de noter en complément à ce tableau le rôle particulier qu'ont pu jouer les diplomaties de trois pays : l'Espagne, la Suède et le Japon. Curieusement la diplomatie espagnole à l'époque de Franco a contribué à sauver les Juifs en arguant d'une loi de l'époque républicaine qui permettait de redonner la citoyenneté espagnole aux Juifs Sépharades comme étant les descendants des Juifs vivants en Espagne avant 1492. C'est ainsi que le Consul espagnol de Thessalonique a contribué à sauver des milliers de Juifs en leur accordant cette citoyenneté. Le Ministère des Affaires Etrangères consulté a finalement accepté cette opération de nationalité à condition que des pays d'Amérique latine puissent recevoir ces Juifs qui ne feraient que transiter par l'Espagne et c'est ce qui s'est passé. A Budapest encore un autre diplomate espagnol en poste va sauver des Juifs en les abritant dans une maison de Budapest sur laquelle il mettra un grand panneau indiquant que ce bâtiment est désormais une annexe du Consulat espagnol. On sait que les Suédois vont essayer de sauver les Juifs hongrois en négociant avec Himmler un échange de Juifs contre des camions et des médicaments : l'échange ne débouchera pas mais entre temps Himmler aura interrompu la déportation des Juifs et elle ne reprendra plus. Le Consul japonais de Vilna de son côté accordera la nationalité japonaise à des centaines de Juifs lithuaniens ; mais il sera sanctionné par Tokyo.
La France est dans une situation particulière : elle a accueilli beaucoup de Juifs entre 1937 et 1939 venus d'Allemagne et des Balkans. Ainsi, 330 000 Juifs vivent en France en 1939, dont la moitié d'étrangers. La France connaît un cas unique de double réglementation : réglementation de Vichy pour toute la France et réglementation allemande pour la zone Nord. La réglementation de Vichy est d'ailleurs parfois plus répressive que celle des nazis : pour les Allemands il faut trois grands-parents juifs pour être considéré comme juif alors que pour les Français il en suffit de deux si le conjoint est lui-même juif. En 1940-41, les nazis fichent les Juifs et pratiquent une terreur sporadique. Pendant ce temps, Vichy organise une exclusion systématique dans le cadre du statut d'octobre 1940. L'Etat français met au point également un registre spécial pour connaître l'ensemble des Juifs et développe l'aryanisation des entreprises ainsi que l'internement des Juifs étrangers. C'est
dans le cadre de cette politique que Madame Cahen apprend en janvier 1941
que son neveu a été révoqué de son poste de
Chef de Cabinet de la Préfecture de la Côte d'Or.
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M. Peyrouton [Ministre de l'Intérieur] aurait dû se renseigner
avant de prendre cette mesure ; il aurait appris que l'aspirant Jacques
Cahen a été tué, le 20 mai, et inhumé à
Abbeville. Dès le 31 janvier 41 elle reçoit du Cabinet du Maréchal la réponse suivante :
Le maréchal
a lu la lettre que vous lui avez adressée au sujet de votre neveu. Veuillez agréer, Madame, mes hommages respectueux."
1942 est l'année de la mise en place de l'extermination ; de son côté Vichy livre les étrangers et marchande les juifs français moyennant une collaboration de la police française ; de ce fait c'est cette police française qui sera responsable des 80 % des arrestations des Juifs. En 1943 l'ensemble
de la France est occupé et les nazis peuvent donc étendre
à tout le territoire leurs actions répressives, faisant
tourner de plus en plus à leur avantage les tentatives de marchandages
de Vichy. C'est ainsi qu'en février 1943, le colonel SS Knochen
écrit :
Le bilan est lourd, 80 000 morts, soit 24 % de la population juive : 16 % des Juifs français, 30 % des Juifs étrangers. Si le pourcentage est inférieur à d'autres pays, ce n'est pas tant grâce aux marchandages de Vichy que parce que beaucoup ont pu se réfugier à la campagne avec le soutien de nombreux Français de toute obédience politiques et religieuses et que d'autres ont pris le maquis, notamment dans les FTP MOI où ils jouèrent un rôle important. |
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