Les Établissements Vitoux,
Troyes

 

(Cl. J.-L. Humbert, septembre 2003)

(Cl. J.-L. Humbert, mai 2004)

(Cl. J.-L. Humbert, mai 2004)

(Cl. J.-L. Humbert, mai 2004)

  Les Éts Vitoux-Derrey sont fondés en 1889 par Léon Vitoux et son épouse Marguerite Derrey, fille de fabricant de bonneterie. Ils débutent avec quelques métiers hollandais qu'ils spécialisent dans la fabrication de bas et chaussettes fantaisie en tous genres (collection de mille modèles). L'usine se développe considérablement entre les rues de la Paix et Brûlard, sur les plans de l'architecte Félix Bouton. Vitoux est l'un des premiers à se préoccuper d'action sociale. Dès 1904, il prône la diminution des heures de travail des femmes et se préoccupe de leurs enfants. L'usine est construite dans le respect de l'hygiène : partout de la lumière, de l'air et de l'espace afin de rendre agréable la fréquentation de l'atelier.
  En 1908, Léon Vitoux fait appel à son gendre, Léon Poron, puis en 1919 à son fils Marcel Vitoux (Vitoux, Gendre & Fils), tous deux ingénieurs des Arts et Manufactures. L'usine regroupe toutes les étapes de la fabrication : bobinage, tricotage, finition, teinture et apprêt pour la mise en forme des bas. Les usines Vitoux s'adjoignent une branche mécanique pour la fabrication de machines à remmailler (Marcel Vitoux met au point la machine Vitos pour remmailler les bas qui, de plus en plus fins, filent trop facilement). Plus tard, s'ajoute un département lingerie et tricot. L'ensemble couvre 20 000 m². Vitoux spécialise ses usines de Lusigny et Nogent-sur-Seine dans la fabrication des chaussettes d'homme et d'enfant, et celles de la Gabelle (Troyes) et de Châlons-sur-Marne dans la fabrication du bas. La marque Mondia obtient de nombreuses récompenses dans les expositions.
  Les enfants Robert et Henri Poron, Pierre Vitoux et son gendre Raymond Guétin parviennent aux commandes de l'entreprise vers 1940. En 1944, Vitos figure parmi les quatre usines qui mettent au point le tricotage du nylon en France et lance les premiers bas 15 deniers. Ce produit assure la prospérité de l'entreprise durant les années 1950-1960. Elle compte un millier d'employés et est l'une des premières à délocaliser sa production, d'abord au Mexique (1955), puis au Portugal.
  En 1970, Vitoux emploie 380 personnes. En 1979, il n'en reste que 70. En 1985, l'entreprise est placée sous tutelle de la Lainière de Roubaix, puis est rachetée par le groupe Prouvost. Elle subit la concurrence des marques de la nouvelle maison-mère, Rodier et Korrigan, tandis que la production est de plus en plus délocalisée. L'usine ferme ses portes en 1989. Les bâtiments sont vendus et démolis en 1990. Seuls trois d'entre eux sont réhabilités en bureaux par l'architecte Gérard Poron et commercialisés par la Siaba. Le nom de Vitos se maintient dans le groupe VEV (Vitos Établissements Vitoux) qui emploie 1 700 salariés dans le Nord mais connaît de graves difficultés en 2003.

Localisation du site
  42 rue de la Paix, 10 000 Troyes.

Conditions de visite
  Découverte libre des extérieurs depuis les rues de la Paix et Brûlard et depuis les parkings intérieurs du Centre d'activités tertiaires.

Pour en savoir plus
  G. ALVÈS, C. BINEL, J.-L. HUMBERT, X. DE MASSARY, Patrimoine industriel de l'Aube, Reims, CRDP/Dominique Guéniot, 2004, Coll. Indicateurs.
  J.-L. HUMBERT, Troyes. Destins d'usines, Troyes, SAT, 2004.

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