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EN
PRATIQUE
SIXIÈME
I
- La production de matière par les végétaux
: la biomasse
Pour
l'élève : documents
Document 1
La
biomasse, au sens large du terme, désigne l'ensemble de la
matière vivante. Depuis les années 1980, suite aux
chocs pétroliers, cette notion s'applique aux matières
végétales et animales utilisées à des
fins énergétiques et agronomiques. À partir
de l'énergie solaire qui est stockée sous forme de
composés de type glucides (sucres, amidon, cellulose,
)
par les végétaux et en utilisant l'eau du sol et le
dioxyde de carbone de l'atmosphère, l'homme s'approprie cette
biomasse pour en tirer des matériaux de construction et de
l'énergie.
Il y a lieu de distinguer deux types de biomasse. Le bois utilisé
dans la combustion (le bois-feu), la source énergétique
la plus ancienne, est qualifiée de biomasse sèche.
Les déchets organiques d'origine animale (fumier,
)
ou urbains (déchets verts, ordures ménagères
fermentescibles) constituent la biomasse humide.
La biomasse forestière confère un grand pouvoir calorifique
au bois. Une tonne de biomasse sèche a le même pouvoir
calorifique que 0,4 t de pétrole.1 kg de bois dur sec fournit
la même quantité de chaleur que 0,450 kg d'anthracite,
0,340 kg de fuel, 0,320 kg de butane.
Document
2

Le cycle naturel
du bois
©
Ademe
Pour
l'élève : questions
1
- Donnez une définition simple de la biomasse.
2 - Quel type d'énergie fournit le bois de nos forêts
?
3 - D'ou vient cette énergie ?
4 - Établissez une relation entre les énergies issues
de la combustion du bois.
5 - Un affouagiste a façonné 15 tonnes de bois pour
assumer son chauffage. S'il avait utilisé du fuel pour se
chauffer, quelle quantité de pétrole aurait-il utilisé
? Quelle quantité de fuel a-t-il économisé
?
6 - Pourquoi le bois est une énergie renouvelable ?
7 - Que reste-t-il à la suite de la combustion d'un morceau
de bois ? Où est passé le reste de la matière
?
8 - Pourquoi conseille-t-on à un affouagiste de ne pas brûler
les branches qu'il n'utilise pas ?
Pour
l'enseignant : réponses
1
- Ce sont les matières, animale "ou végétale",
utilisées afin de produire de l'énergie.
2 - C'est de l'énergie calorifique produite par la combustion
: de la chaleur est produite.
3 - La feuille capte de l'énergie solaire qui s'accumule
sous forme d'énergie chimique qui s'accumule dans les matières
organiques fabriquées (sucre, amidon, cellulose,
).
4 - La relation est la suivante : énergie solaire
énergie chimique
énergie calorifique
5 - La quantité de pétrole qui aurait été
utilisée serait de 15 x 0,4 = 6 tonnes.
La quantité de fuel économisée serait de 15 000
x 0,340 = 5 100 kg de fuel.
6 - Le bois est une énergie renouvelable car la forêt
se reconstitue essentiellement à partir de graines produites
par les arbres et grâce à la bonne gestion des forestiers.
7 - À la suite de la combustion d'un morceau de bois, il
reste des cendres correspondant à la matière minérale
prise dans le sol par la plante. La matière organique a été
brûlée en libérant du dioxyde de carbone qui
retourne dans l'atmosphère en produisant de l'énergie
calorifique c'est-à-dire de la chaleur.
8 - Le bûcheron ne doit pas brûler les branches qu'il
n'utilise pas car l'apport de matières minérales est
trop brutal et l'eau de ruissellement risque de les emporter. Il
est préférable de laisser faire les décomposeurs
qui assurent le même résultat mais avec un temps bien
plus long qui permet une meilleure assimilation par le sol.
II - Les usages du bois
dans l'Antiquité
Pour
l'élève : document
"L'agriculture
et l'élevage sont apparus au Proche-Orient il y a environ
10 000 ans avant J.-C. et se sont étendus à la
Grèce et à la Crète à peu près
6 000 ans avant J.-C. pour atteindre le bassin occidental de
la Méditerranée environ 5 000 ans avant notre
ère. La forêt méditerranéenne a subi
d'importants dégâts imputables à la vie rurale,
auxquels se sont ajoutés ceux provoqués par le développement
des villes et de la navigation.
Pauvres en
forêts, les Égyptiens sont devenus tributaires de leurs
voisins, notamment des Phéniciens, pour trouver le bois nécessaire
à la construction de leurs temples et de leurs bateaux. Cette
pénurie pourrait expliquer, en partie, pourquoi malgré
leur brillante civilisation les Égyptiens n'ont jamais dominé
le monde méditerranéen. Il n'en est pas de même
des Crétois, des Phéniciens et des Grecs, qui ont
dominé tour à tour la Méditerranée grâce
à leurs puissantes flottes militaires et commerciales construites
avec des bois trouvés chez eux, là où de nos
jours on les chercherait en vain. À leur tour, les Romains
n'ont pu maîtriser le monde méditerranéen qu'après
la construction - en utilisant le bois des forêts italiennes
- d'une grande flotte commerciale et militaire et la destruction
de la puissance maritime de Carthage. (...)
La construction
urbaine a également consommé d'énormes quantités
de bois. Si seules les ruines de pierre sont parvenues jusqu'à
nous, les multiples incendies de Rome et des grandes villes antiques
comme Alexandrie nous rappellent qu'elles étaient avant tout
construites en bois. La cuisson des briques, la fabrication de la
chaux utilisée dans le mortier, la céramique, la métallurgie,
la verrerie ajoutaient leur énorme consommation de bois de
feu à celle du chauffage des bains publics, de la boulangerie,
de la cuisson des aliments et du chauffage domestique.
Platon, dès
le Ve siècle avant J.-C. déplorait le déboisement
excessif de l'Afrique. Jules César, 400 ans plus tard, s'étonnait
de l'immensité des forêts gauloises, qui pourtant,
à l'exception de quelques grands massifs, étaient
déjà largement défrichées par une agriculture
et un élevage importants. Cet étonnement traduisait
surtout l'état déjà excessif de déboisement
du monde romain, c'est-à-dire du bassin méditerranéen."
in M. Malagnoux et J.-P. Lanly,
Coopération méditerranéenne Nord-Sud dans
le domaine forestier,
http://www.fao.org/
Pour
l'élève : questions
1 - Recherchez dans le texte les noms permettant de localiser dans
l'espace méditerranéen : peuples, pays et régions,
villes, mer. Vous les reportez sur la carte ci-dessous et élaborez
une légende.
2 - Encadrez sur la carte ci-dessous les peuples disposant de forêts
et complétez la légende. Donnez un titre à
la carte.

© Jean-Louis
HUMBERT
3 - Recherchez
dans le texte les mots et groupes de mot évoquant les usages
du bois dans le monde méditerranéen antique. Élaborez
un tableau les regroupant selon leur usage : domestique, artisanal
et commercial, public.
4 - Pourquoi les auteurs parlent-ils "du monde romain, c'est-à-dire
du bassin méditerranéen" ?
Pour
l'enseignant : réponses
1 - Peuples : Égyptiens, Phéniciens, Crétois,
Carthaginois, Grecs, Romains, Gaulois
Pays et régions : Grèce,
Crète, Proche-Orient, Gaule
Villes : Rome, Alexandrie, Carthage
Mer : Méditerranée.

© Jean-Louis
HUMBERT
2 - Peuples
disposant de forêts : Crétois, Phéniciens, Carthaginois,
Grecs, Gaulois, Romains.

©
Jean-Louis HUMBERT
3 - Usages relevés
dans le texte : développement des villes et de la navigation,
construction de leurs temples et de leurs bateaux, flottes militaires
et commerciales, construction urbaine, grandes villes antiques...
construites en bois, cuisson des briques, la fabrication de la chaux
utilisée dans le mortier, la céramique, la métallurgie,
la verrerie ajoutaient leur énorme consommation de bois de
feu à celle du chauffage des bains publics, de la boulangerie,
de la cuisson des aliments et du chauffage domestique.
Usages
domestiques : matériau de construction des maisons, cuisson
des aliments, chauffage.
Usages artisanaux et commerciaux : cuisson du pain, des briques,
fabrication de la chaux, de la céramique, du fer, du verre,
construction de navires de commerce.
Usages publics : construction de monuments et de navires de guerre,
chauffage des bains publics.
4 - Les auteurs formulent cette phrase parce que, au cours de son
histoire, Rome a étendu les limites de sa domination à
tout le pourtour de la mer Méditerranée, devenue mare
nostrum.
III - Le bois dans la
savane africaine
Pour
l'élève : documents
Document
1

La savane en Afrique
© Carte d'après Histoire-Géographie 6e, Paris,
Hatier, 2000, p. 286
Document
2
Des
villages dans la brousse
Dans les
pays d'Afrique situés dans le domaine tropical humide de
la savane, l'habitat rural est groupé en villages constitués
de cases aux toits de chaume et organisés autour d'une place
centrale. Quelques habitations plus récentes sont fabriquées
en parpaings et ont un toit de tôle. Le confort est absent.
Les greniers sont nombreux.
Les villages et leur terroir restent entourés par la végétation
naturelle : grandes herbes, buissons épineux, arbres (acacias,
baobabs). Le paysage n'est entièrement organisé que
dans leurs alentours immédiats. Les champs sont permanents
autour des cases et à proximité du village.
Au-delà, on trouve des champs de brousse dispersés
dans la savane. Cultivés pendant quatre ou cinq ans, ils
sont ensuite abandonnés pour plusieurs dizaines d'années,
le temps que le champ retrouve sa fertilité. Les paysans
façonnent ainsi un paysage rural discontinu, dans lequel
quelques arbres isolés poussent en ligne ou en bouquets.
Document
3

Un village du Burkina-Faso
© Huet, agence Hoa Qui
Document
4
L'importance du bois
L'agriculture
traditionnelle reste étroitement liée au milieu naturel.
Elle dépend surtout des pluies, mais aussi de la forêt
et du bois.
Celui-ci sert à la construction des cases, à la cuisson
des aliments et à la fabrication d'outils. Il fournit des
fibres pour les vêtements et des graisses (palmier à
huile). L'arbre enrichit la terre par ses feuilles et freine l'érosion.
Juste avant l'arrivée des pluies, les paysans incendient
la savane. Ils pratiquent le brûlis : les cendres, mélangées
aux feuilles, servent d'engrais. Ensuite, les paysans peuvent semer
le mil, le millet ou le sorgho.
Les rendements sont faibles. Les outils traditionnels - houe ou
daba - ne font qu'égratigner la terre et ne la retournent
pas assez pour l'aérer. Aussi les récoltes sont-elles
généralement peu abondantes et souvent insuffisantes
pour nourrir une population toujours plus nombreuse. Faute d'argent,
la modernisation est difficile. Par ailleurs, les sols s'épuisent
vite. En effet, la culture sur brûlis détruit une partie
des minéraux du sol, indispensables à la croissance
des plantes, et la terre s'épuise vite. La jachère
immobilise des terres qui pourraient être cultivées
si les engrais étaient plus répandus. Devant les besoins
alimentaires, les champs occupent un espace croissant et la durée
des jachères est raccourcie. Il en résulte l'épuisement
des sols, qui n'ont plus le temps de se reconstituer, et une baisse
de la production. De surcroît, le développement des
cultures commerciales (coton, arachide) se fait au détriment
des espaces dévolus aux cultures vivrières traditionnelles.
Pour l'élève : questions
1 - À quelle saison a été prise la photographie
?
2 - Quel est le nom de la végétation qui s'étend
à l'horizon ?
3 - Quels matériaux utilisent la plupart des bâtiments
?
4 - À quoi les villageois utilisent-ils le bois et les arbres
?
5 - Pourquoi les rendements agricoles sont-ils faibles ?
Pour
l'enseignant : réponses
1 - La photographie a été prise pendant la saison
humide.
2 - La végétation qui s'étend à l'horizon
est la savane, constituée de grandes herbes, d'épineux
et d'arbres formant une forêt claire (acacias, baobabs).
3 - La plupart des bâtiments utilisent le torchis, la paille
et le bois.
4 - Le bois sert à la construction des cases. Les villageois
l'utilisent aussi pour la cuisson des aliments et la fabrication
d'outils. Les arbres fournissent des fibres pour les vêtements,
des graisses (palmier à huile), des cendres après
leur destruction par le feu (brûlis).
5 - Les rendements agricoles sont faibles parce que l'outillage
est peu performant. Les sols sont peu fertiles du fait de la pratique
du brûlis et du raccourcissement de la durée de la
jachère.
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