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EN
PRATIQUE
QUATRIÈME
I
- Bois et environnement : bois fossile
Pour l'élève : document
Le
bois fossile, outre l'intérêt esthétique qu'il
présente, a un grand intérêt scientifique.
Les bois fossiles se rencontrent à l'état remanié
ou enclavés dans des roches. Le bois fossile est un bois,
qui lors de sa sédimentation a subi une minéralisation
qui peut s'effectuer de deux façons, soit par incrustation
de carbonate de chaux si le milieu est riche en cet élément
ou soit par silification, ce processus se faisant par enfouissement
dans un milieu siliceux ou en liaison avec des phénomènes
volcaniques tardifs sous l'action de vapeur d'eau minéralisée.

La minéralisation
par incrustation de carbonate de chaux entraîne la pétrification,
telle celle que l'on observe dans la forêt d'Aurus (Sud-Ouest
africain)
©
P. JAMAIN, Jacana
Les cernes
de croissance de ces arbres sont fossilisés et donnent des
indications précieuses sur la croissance de ces arbres, croissance
qui dépend des conditions climatiques et des saisons.
La variabilité dans l'existence de ces cernes constitue de
plus un élément de datation absolue ou relative.

Silicification
d'un gros tronc de Conifère triasique provenant de la forêt
pétrifiée d'Arizona (États-Unis)
©
C. BEVILACQUA
Pour
l'élève : questions
1
- Rappelez brièvement l'origine des vaisseaux du bois.
2 - Pourquoi dans les régions tempérées, les
cernes du bois forment-ils des anneaux concentriques bien différenciés
?
3 - Pourquoi les arbres de la forêt tropicale montrent-ils
des anneaux de croissance assez obscurs où aucune structure
périodique n'est reconnaissable ?
4 - Unger fut le premier géologue en 1847 a constaté
que les bois fossiles de certaines périodes de l'ère
primaire ne présentaient pas d'anneaux de croissance. Quelle
interprétation pouvez-vous donner ?
5 - Dans le Yellowstone National Park aux Etats-Unis, nous découvrons
de magnifiques troncs en améthyste restés en place
et dressés les uns contre les autres. Comment peut-on expliquer
cette présence sachant que ce parc est situé dans
une zone où les volcans sont nombreux ?
Pour
l'enseignant : réponses
1
- Les cellules se chargent de lignine et les cloisons de leurs extrémités
disparaissent. Des conduits se constituent alors : les vaisseaux
conducteurs de la sève.
2 - Elles traduisent le caractère saisonnier du climat.
3 - C'est en raison de l'absence de saisons.
4 - Le climat ne devait pas présenter de saisons bien marquées.
5 - Ils ont été ensevelis lors des éruptions
volcaniques (cendres) et silicifiés par les vapeurs d'eau
minéralisée.
II - La fabrication du
charbon de bois aux XVIIIe et XIXe siècles
La
fabrication du charbon de bois au XVIIIe siècle
Pour l'élèves : document

La technique
des meules
©
Encyclopédie de Diderot et de D'Alembert

La technique
des meules
©
Encyclopédie de Diderot et de D'Alembert
Le charbon de bois
est le produit de la calcination du bois à l'abri de l'air.
Pour le fabriquer, il faut beaucoup de bois, coupé en rondins
de taille régulière (charbonnettes), disposés
en meules recouvertes de terre et de mousse. Les meules sont construites
autour d'un piquet central qui permet de créer une cheminée.
Après enlèvement de ce piquet, le charbonnier procède
à la mise à feu en versant des braises dans la cheminée.
À l'abri de l'air, le bois se consume lentement, sans flamme,
mais dégage une forte chaleur qui fait évaporer les
constituants volatils (alcools, éthers) et l'eau, et entraîne
la transformation d'autres composants en carbone. Après plusieurs
heures, le feu s'éteint. Le charbonnier enlève alors
la couverture de terre et de mousse. Après refroidissement,
il ramasse, trie et sépare le charbon de bois des fumerons.
Une meule de 4 stères de bois (4 m³) donne, en 48 heures,
de 250 à 300 kg de charbon de bois. Riche en carbone (92 %),
plus léger que le bois, s'enflammant plus facilement, son pouvoir
calorifique est supérieur (5 500 kilocalories par kg contre
4 000).
Le charbon est mis en sac pour la livraison aux particuliers. Pour
les usines, le transport s'effectue en vrac dans des vans, chariots
supportant une grosse hotte en osier.
Pour
l'élève : questions
1 - D'après
les informations fournies par le texte ci-dessus, nommer les phases
de l'élaboration du charbon de bois indiquées sur
les dessins par les numéros de 1 à 7.
1 =
2 =
3 =
4 =
5 =
6 =
7 =
2 - Quels sont les avantages du charbon de bois ?
3 - Comment est-il conditionné avant livraison ?
Pour
l'enseignant : réponses
1
- Les phases de l'élaboration du charbon de bois :
1 = construction de la meule
2 = meule construite
3 = mise en place de la couverture
de terre et de mousse
4 = mise à feu par la cheminée
5 = combustion de la meule
6 = mise à nu des rondins
7 = ramassage du charbon de bois
2 - Le charbon de bois est léger. Il s'enflamme facilement
et possède un pouvoir calorifique important car il est riche
en carbone.
3 - Il est conditionné en sac pour la livraison aux particuliers.
Il est livré en vrac aux usines.
La
fabrication du charbon de bois au XIXe siècle
Pour l'élèves : document
"Le
procédé des meules ayant l'inconvénient de
donner un rendement très variable suivant les circonstances
extérieures et en moyenne assez faible, certains constructeurs
ont cherché à établir des appareils permettant
d'opérer la carbonisation en forêt dans de meilleures
conditions. On connaît, du nom de leurs inventeurs, les appareils
Moreau et Dromart. (...)
L'appareil Moreau se compose d'un vase en tôle ayant la forme
d'un prisme droit octogonal ; sa hauteur est de 2,50 m et chacun
des huit côtés a 1 m de largeur. Des cheminées
et des buses disposées sur le pourtour et au sommet de ce
récipient servent au dégagement des gaz et des liquides
produits par la carbonisation. Des prises d'air, ouvertes dans le
bas, permettent d'allumer facilement le bois qu'on dispose dans
l'intérieur. Au moyen d'une disposition fort ingénieuse,
toutes ces ouvertures se ferment d'elles-mêmes, automatiquement,
quand la combustion devient trop active. L'appareil est construit
de façon à pouvoir se démonter et se transporter
facilement et il permet de carboniser, en trente heures, environ
10 stères de bois. Au dire de l'inventeur, le charbon produit
serait excellent et le rendement en poids s'élèverait
à 23 et 24 %.
L'appareil Dromart se compose d'une cage en forme de dôme,
composé de plaques de forte tôle montées sur
un bâti en fonte. La partie supérieure se termine par
une cheminée munie d'un couvercle mobile ; la partie inférieure
est ouverte et la cage se pose simplement sur une aire préparée
comme pour une meule ordinaire. Dans cette aire, on établit
d'ailleurs préalablement, en maçonnerie de brique
et d'argile, un foyer qui, sans communiquer avec l'intérieur
de la cage, y fait pénétrer la chaleur par une série
de conduits convenablement disposés à la surface du
sol et dont quelques uns sont recouverts de plaques de fonte. La
cage s'emplit de bois au moyen d'une porte ménagée
sur le côté ; on allume le foyer et la carbonisation
ne tarde pas à se produire. Lorsque des vapeurs de couleur
rouge commencent à se dégager, on éteint le
feu, on ferme la cheminée et on laisse refroidir le tout.
Le four de M. Dromart, tel que cet ingénieur le construit
aujourd'hui, contient 20 stères et a 4 m de diamètre
à la base. Le poids et les dimensions des diverses pièces
entrant dans la construction ont été calculés
de façon que le transport en soit facile. Il a été
employé pendant plusieurs années dans les Landes et
il résulte de diverses expériences, notamment de celle
faite en 1870 par M. Roux, garde général des forêts,
que le rendement en charbon est au moins de 25 % du poids du bois
employé.
Cet appareil, pas plus que celui de M. Moreau, ne s'est encore répandu
dans la pratique. Nous doutons même que les fours de ce genre
arrivent jamais à être d'un usage général
car ils entraînent une mise de fonds et des frais qui compensent
en grande partie la plus value réalisée sur la production
du charbon. Ils pourraient toutefois trouver un emploi fort utile
dans certaines circonstances, notamment pour la carbonisation des
brindilles et des menus arbrisseaux que les marchands de bois et
les propriétaires des forêts ne savent trop souvent
comment utiliser. Ainsi, la Compagnie des Forges d'Audincourt (...)
a-t-elle, après divers essais, continué à suivre
le procédé des meules pour la carbonisation des bois
de grosseur ordinaire tout en adoptant un four d'une forme rappelant
celle de l'appareil Moreau, pour confectionner avec les bourrées
un charbon dont elle tire bon parti. Dans les contrées comme
les Landes et la région des Maures et de l'Estérel,
ou se trouve des quantités immenses de bruyères et
de mort-bois, qu'on est parfois obligé de détruire
à grands frais, des appareils de ce genre pourraient rendre
des services incontestables."
M.
Larzillière, Sous-Inspecteur des Forêts,
Notice sur le débit des bois de feu, leur mode de vente
et les procédés de carbonisation usités en
France,
Exposition universelle de 1878,
Ministère de l'Agriculture et du Commerce, Administration
des Forêts, Paris,
Imprimerie Nationale, 1878.
Pour
l'élève : questions
1 - Quels
progrès les fours apportent-ils à la carbonisation
?
2 - Pourquoi l'auteur du texte ne croit-il pas en leur avenir ?
3 - À quel usage destine-t-il les fours ?
Pour
l'enseignant : réponses
1 - Les fours permettent d'automatiser la conduite du feu par les
prises d'air dont ils sont équipés. Facilement démontables,
ils sont aisément transportables en différents points
de la forêt.
2 - L'auteur du texte estime que leur achat et leur entretien est
trop coûteux par rapport à la valeur marchande du charbon
de bois. Leur emploi risque d'amenuiser le bénéfice
des charbonniers.
3 - L'auteur pense que les fours seraient appropriés pour
la carbonisation des brindilles et arbrisseaux dont les charbonniers
et propriétaires forestiers ne savent généralement
que faire.
III - Charbon de bois,
houille et métallurgie au XIXe siècle
Pour
l'élèves : document
"En
1789, la crise du combustible végétal - paroxysme
des prix et menace de disette - semble contraindre la sidérurgie
française à passer au combustible minéral,
à l'exemple de l'Angleterre". En 1785, "la création
de la Fonderie du Creusot avait marqué l'entrée dans
cette nouvelle ère. Or la sidérurgie au bois parviendra
à son plus haut niveau historique en 1856, ayant progressé
dans l'intervalle de 375 % pour la fonte et de 160 % pour
le fer. À l'intérieur du système technique
classique, il restait une belle marge de croissance ! La chronique
d'un déclin annoncé anticipait l'événement
de près d'un siècle. La mutation annoncée est
devenue transition lente : la substitution finale d'un combustible
à l'autre ne s'est imposée qu'après une longue
phase de coexistence.
Sur le versant
du combustible végétal, une chaîne d'inventions
ou d'améliorations cumulées a fait reculer de façon
inespérée la consommation unitaire. Ce mouvement prolonge
un effort d'économie déjà notable au XVIIIe
siècle, mais que la hausse du prix du bois, jusqu'en 1835
environ, rend impératif. Toutes les étapes de la fabrication
sont visées" : amélioration de la carbonisation
du bois, remplacement du débitage à la hache par le
sciage, généralisation du procédé comtois
d'affinage du fer et de la section circulaire pour les hauts fourneaux,
soufflage à l'air chaud. "Si l'on additionne les effets
de toutes ces mesures, le succès de l'entreprise est évident
: pour une production de fonte au bois qui a plus que doublé
entre 1809 et 1856 (celle du fer au bois restant étale),
la consommation de bois de feu, autrement dit le prélèvement
sidérurgique sur la forêt, n'aurait augmenté
que d'un tiers.
Faire usage
du charbon de terre, c'était à proprement parler,
révolutionner la sidérurgie. (...) Cela entraîne
à changer presque tout dans les hauts fourneaux, les affineries,
les mécaniques, les ateliers", exige "d'être
placé près des houillères donnant le charbon
convenable, d'avoir le minerai à portée du combustible
et de former des ouvriers à ce nouveau genre de travail".
De plus, "coke ou houille brute, le minéral affrontait
en France la prévention durable de la clientèle...
La fonte au coke était jugée bonne pour le moulage,
mais cassante à l'affinage (...). Les fers à la houille
n'avaient pas, disait-on, la qualité des fers au bois. (...)
Il fallait donc une incitation puissante, en termes de marché,
pour aventurer des capitaux dans pareille entreprise. Dans les années
1820, le calcul des coûts comparés plaide, à
l'évidence, pour le nouveau combustible, si l'on peut installer
des usines sur les bassins houillers. (...) Dans le rayon d'influence
d'un bassin houiller, seules des usines à bois qui produisent
des fers de très haute gamme peuvent subsister. Au-delà
le prix du transport handicape le charbon. (...) Quand le chemin
de fer le permettra, disent les entrepreneurs en 1828, ces dépenses
diminueront des deux tiers. (...) À cette date, une dizaine
de hauts fourneaux au coke fournissaient 10 % de la production totale
de fonte. La voie anglaise n'avait pas fait entièrement ses
preuves.
La demande
globale se déplace visiblement d'un combustible à
l'autre dans le deuxième tiers du siècle. (...) Le
prix du bois, qui n'a cessé de monter jusqu'en 1835, explique
largement l'évolution. En retour, le comportement nouveau
des consommateurs a stabilisé ce prix par la suite. La sidérurgie
en profite et évolue selon la ligne générale
: le combustible le plus cher va à son usage le plus pertinent.
La fonte au bois, le fer à la houille sera le binôme
dominant. Plus les forges à l'anglaise se multiplient, plus
la demande de fonte suscite la création de hauts fourneaux
au bois. (...) Si, jusqu'en 1830, les autorisations d'usines restent
conditionnées par un examen rigoureux des ressources forestières
locales, il n'est plus ensuite question, pour les autorités,
de ralentir le flux des demandes, tant les hauts fourneaux paraissent
s'intégrer à une politique de modernisation progressive.
(...) De fait, le passage d'un système productif à
l'autre s'est opéré progressivement : la production
de fer à la houille l'emporte dès 1837 sur celle du
fer au bois, alors que la fonte au coke ne s'impose qu'en 1853.
À partir de 1860, on ne peut plus parler de coexistence,
de division du travail, mais de déclin accéléré.
La mise en exploitation du bassin du Pas-de-Calais, la croissance
générale de la production et des importations houillères
transformaient les données de l'approvisionnement. La révolution
des transports - chemins de fer et canaux - cassait les prix et
créait de nouvelles solidarités. La cokéification
avait bénéficié, dans les vingt années
précédentes, d'un mouvement accentué d'inventions.
Le nombre des hauts fourneaux au bois s'effondre après avoir
atteint à la mi-XIXe siècle son plus haut niveau (...).
La production de fonte au coke triple dans l'intervalle".
Denis Woronoff,
Histoire de l'industrie en France du XVIe siècle à
nos jours,
Paris, Éd. du Seuil, 1994, Coll. Points Histoire.
Pour
l'élève : questions
1 - Pourquoi l'usage métallurgique du charbon de bois se
maintient-il longtemps ?
2 - Pourquoi l'usage du charbon minéral est-il long à
se répandre ?
3 - Pourquoi s'impose-t-il après 1860 ?
Pour
l'élève : réponses
1 - L'usage du charbon de bois en métallurgie se maintient
longtemps car ses utilisateurs l'économisent du fait de son
prix. Ces économies concernent l'élaboration du charbon
de bois et son utilisation dans les hauts fourneaux. Elles permettent
de produire plus de fonte en consommant moins de bois.
2 - L'usage du charbon minéral est long à se répandre
car il nécessite de transformer les installations existantes,
ce qui est coûteux. Par ailleurs, la clientèle préfère
les fontes et fers au bois. Enfin, le coût du transport pénalise
l'usage de la houille lorsque l'usine métallurgique est située
loin d'un gisement.
3 - Le charbon minéral s'impose après 1860 car sa
production devient massive. Dans le même temps, la révolution
des transports permet son acheminement à des prix compétitifs.
De plus, l'utilisation du charbon dans les hauts fourneaux s'améliore.
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