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REPÈRES
L'UTILISATION
ÉNERGÉTIQUE DU BOIS AUJOURD'HUI
I
- Les métiers de la forêt et du bois
Du bûcheron
au menuisier, l'exploitation et le travail du bois offrent de nombreux
emplois spécialisés qui s'exercent en forêt
et dans le secteur industriel ou artisanal.
Les
bûcherons
La plupart du temps, ils travaillent à leur compte comme
entrepreneurs de travaux forestiers. Ils choisissent avec soin la
place d'abattage - l'endroit où l'arbre va tomber - pour
ne pas abimer semis et arbres voisins. Puis ils pratiquent, du côté
choisi pour la chute de l'arbre, une entaille d'abattage, avant
de scier la partie restante du tronc. Ils utilisent, depuis les
années 1950, des tronçonneuses à moteur, pratiques
et maniables, et une serpe pour couper les branches fines. Mais
l'abattage demeure une opération délicate comportant
des risques d'accidents.
Les résineux montagnards sont abattus l'été,
la neige interdisant l'abattage en hiver. En plaine, les feuillus
sont abattus l'hiver, période pendant laquelle ils sont hors
sève et dépourvus de feuilles. La prise au vent est
plus faible et ils sont moins lourds ce qui permet de diriger plus
aisément leur chute.
Une fois l'arbre coupé, les bûcherons le façonnent.
L'ébranchage consiste d'abord à séparer toutes
les branches du tronc à l'aide d'une tronçonneuse,
afin d'obtenir une grume. Celle-ci est ensuite tronçonnée
en billes et les branches en rondins de même longueur. Si
elles ne servent pas à faire des fagots, les ramilles sont
abandonnées sur le parterre de la coupe.
Les
conducteurs de machines d'exploitation forestière
Ils exécutent des travaux d'abattage, mais surtout de débardage
avec des engins forestiers.
Le débardage consiste à déplacer à travers
le sous-bois l'arbre coupé et façonné de son
lieu d'abattage à un endroit accessible aux engins de transport.
Dans les régions montagneuses, on pratique le lançage,
mode de débardage qui consiste à laisser dévaler
les troncs le long de la pente. Peu coûteux, il abîme
cependant les bois. Dans les forêts dépourvues de chemin
d'accès et au relief accidenté, on installe un système
de câbles, qui joue le rôle d'un téléphérique.
Silencieuse, cette méthode est bien adaptée aux réserves
animales. Les tracteurs articulés, conçus pour remorquer
les grumes à même le sol, règnent partout ailleurs.
Les tracteurs porteurs se chargent des rondins.
Une fois débardés, les bois - rondins ou grumes -
sont déposés au bord des routes forestières.
Ils sont chargés sur des camions, les grumiers, également
nommés fardiers, camions équipés d'une grue
hydraulique facilitant le chargement. Les bois sont ensuite transportés
vers leur lieu d'utilisation : parcs à grumes de scieries,
zones de stockage des usines papetières ou de transformation
du bois.
Les
scieurs
Ils coupent et débitent le bois selon les produits souhaités.
Ils travaillent sur des bancs de scie, réglés en fonction
de la qualité des grumes.
Les
conducteurs de machines-outils à bois
Ils usinent les éléments destinés à
fabriquer charpentes, meubles, fenêtres, portes. Ils assurent
la conduite et l'entretien des outils.
Les
techniciens du bois
Ils interviennent dans les multiples secteurs de la filière
bois.
Ils peuvent être chargés de l'approvisionnement des
scieries. Ils recherchent alors les coupes, apprécient les
volumes et la qualité des bois, conduisent les achats et
organisent les chantiers d'exploitation.
Dans les industries de première transformation du bois, ils
conduisent la production et interviennent dans les différentes
étapes du processus de transformation (sciage, séchage,
élaboration des matériaux dérivés).
Les techniciens du bois exercent aussi dans le secteur de la construction
et du bâtiment (charpentes, ossatures, agencements, menuiserie...).
Ils mènent les études, assurent l'approvisionnement
en matériaux, dirigent des chantiers.
Ils peuvent enfin intervenir dans le secteur de l'ameublement pour
réaliser des études, suivre les processus de fabrication
et assurer des fonctions commerciales.
Les
ingénieurs du bois
Ils organisent le travail d'équipe, surveillent et développent
des actions dans le secteur du bois et de l'ameublement. Ils sont
amenés à travailler sur le terrain (exploitation forestière)
ou dans les industries du bois.
Les
artisans
Après un diplôme d'État, les jeunes peuvent
s'installer comme artisans charpentiers, ébénistes
ou menuisiers. Ils peuvent aussi devenir compagnons du devoir en
suivant une formation longue fondée sur un perfectionnement
acquis de lieux en lieux.
II - Les affouages
En ville, l'utilisation
du bois comme moyen de chauffage n'est pas facile car il nécessite
des quantités importantes de bois engendrant des problèmes
d'approvisionnement et surtout de stockage.
Dans les villages, un feu dans une cheminée un soir d'hiver
procure d'agréables sensations mais si l'on veut chauffer
toute la maison uniquement avec ce type de combustible, il faut
se procurer des quantités non négligeables de cet
élément énergétique.
Actuellement encore, dans de nombreuses communes forestières,
le moyen le plus évident et le moins coûteux pour se
chauffer est de se procurer des affouages.
Beaucoup de communes sont actuellement propriétaires de forêts.
L'origine de ces propriétés communales est souvent
le résultat d'une longue histoire qui peut remonter pour
certaines au XIIe siècle.
En effet, à cette époque et bien plus tard aussi,
ces forêts appartenaient à de riches propriétaires
mais les habitants des villages avaient obtenu des droits d'usage
: prélèvement de bois de chauffage et éventuellement
de bois d'uvre. Progressivement, certains de ces domaines
sont passés, de gré ou de force, dans les domaines
communaux au cours des temps mais une tradition est restée
: les habitants ont conservé le droit à l'affouage,
c'est à dire la possibilité de prélever du
bois pour leur propre chauffage.
Un massif communal est divisé en plusieurs coupes qui seront
exploitées au fil des années. Le passage se fait en
général dans une forêt exploitée en taillis
sous futaie tous les 20 à 25 ans.
Il suffit donc de posséder une surface suffisamment grande
pour pouvoir traiter une coupe chaque année. La surface nécessaire
est au minimum de 70 ha exploités chaque année pour
environ 70 affouagistes. On doit donc doter la forêt d'un
plan d'aménagement à long terme qui est négocié
entre la commune et l'ONF (Office National des Forêts) qui,
par la loi, gère les forêts communales.
Avant d'exploiter la haute futaie, pour vendre les différents
fûts des arbres, il est bon de dégager le taillis qui
s'est développé sous ces nobles tiges. C'est à
ce niveau que l'affouagiste intervient en supprimant ce taillis
et lorsque l'exploitant forestier a dégagé les fûts
des arbres vendus, l'affouagiste peut récupérer les
houppes ou "têtes" des arbres, encore un bois précieux
pour le chauffage.
L'affouage qui
est en fait, une jouissance en nature de produits ligneux, est un
avantage économique certain pour les habitants d'une commune
propriétaire d'une forêt. Chaque habitant peut, en
tenant compte des données précédentes obtenir
entre 10 à 15 m³ de bois chaque année. Cette
quantité peut permettre au propriétaire d'un pavillon
d'assurer la plus grande partie de son chauffage hivernal d'où
la réalisation d'une économie substantielle.
De plus, la pratique de l'affouage responsabilise l'individu et
maintien un lien entre les ruraux et leur forêt. Ils se sentent
impliqués à long terme dans la gestion de leur patrimoine
forestier, celui qu'ils ont reçu et qu'ils transmettront.
L'affouage contribue à maintenir un espace de vie sociale
dans les communes rurales.
L'affouagiste a donc des droits dans "sa forêt"
mais il a aussi des devoirs. Il doit respecter le règlement
d'affouage : préservation des brins d'avenir qui seront nécessaires
au renouvellement de la forêt et au maintien de sa diversité.
Il doit laisser un lieu propre et sans trace de "civilisation"
: bidons, bouteilles, objets divers. Il doit prendre conscience
des facteurs écologiques prépondérants de la
forêt. Autrefois, il brûlait les branchages inutiles,
maintenant, il comprend qu'en laissant pourrir sur place ces rémanents,
il favorise le développement d'humus et chaque tas de branchages,
avant qu'il ne disparaisse est une véritable niche écologique.
Certains affirment néanmoins que le brûlage amène
des quantités appréciables d'éléments
minéraux dans le sol. C'est exact, mais en réalité,
l'apport est trop brutal et une quantité non négligeable
est entraînée par les eaux de ruissellement d'où
un appauvrissement du milieu. Par contre, lors d'une décomposition
naturelle des éléments abandonnés, le retour
des minéraux vers le sol se fait lentement.
Dans les sous-bois exploités par les affouagistes ou par
les agents de l'ONF, on ne doit pas s'étonner de trouver
quelques arbres secs ou pourrissants. Ils ont été
laissés en place volontairement car ils constituent l'habitat
naturel de nombreux insectes contribuant ainsi au nourrissage des
oiseaux et à leur maintien dans le milieu.

Arbre cassé
réservé aux oiseaux
©
Jean-Pierre BOUET
La gestion de
la forêt évolue donc avec les besoins de la société.
Autrefois, uniquement considérée comme une source
de revenus et un moyen de chauffage, la forêt et le bois font
toujours partie de notre patrimoine forestier mais aussi aujourd'hui
de notre patrimoine naturel et culturel. La gestion actuelle permet
d'y favoriser une sylviculture de qualité, une diversité
de la faune et de la flore. Le maintien de l'affouage permet au
citoyen de s'y impliquer.
III - Le charbon de bois
: fabrication et utilisations
Une
fabrication industrielle
La
carbonisation du bois correspond à un savoir-faire très
ancien. Le principe consiste toujours à laisser le bois se
consumer lentement en l'isolant sous la terre ou dans une gigantesque
"marmite". La combustion, privée d'air, est incomplète
et permet de récupérer, non pas des cendres, mais
du charbon de bois.
En France, de
nos jours, la carbonisation du bois est effectuée selon le
procédé primitif des meules, soit dans des appareils
portatifs ou fixes, mieux adaptés aux nécessités
d'une production rationnelle. En effet, depuis la fin du XIXe siècle,
sont apparus divers genres de fours de carbonisation en briques,
de forme rectangulaire ou hémisphérique. D'autres
types de fours, en métal ou en blocs de béton peuvent
aussi servir à la carbonisation. Dans ces fours, les bûches
sont empilées très serrées. On compte de dix
à quatorze heures pour le chargement et de cinq à
six jours pour la cuisson. Le refroidissement d'un four rectangulaire
prend de deux à trois jours de plus que celui du four hémisphérique.
Les fours actuels,
de type cornue ou tunnel, à production continue, fonctionnent
entre 300 et 400 °C et donnent un charbon de bois de qualité
homogène. Contrairement aux méthodes anciennes, qui
laissaient échapper les sous-produits de la carbonisation,
les techniques modernes permettent leur récupération.
Ainsi, la carbonisation du bois fournit, d'une part, un combustible
très léger qui brûle sans flammes, non polluant
et exempt de cendres. Il fournit d'autre part des gaz combustibles
utilisables industriellement et des liquides dont on peut extraire
l'acétone, l'alcool méthylique, l'acide acétique.
Résultats
de la carbonisation : moyenne en poids
charbon
de bois = 30 %
gaz
combustibles = 25 %
goudrons
= 5 %
pyroligneux
= 35 %
Des
utilisations dans l'industrie
Le
charbon de bois, après un sursaut pendant la Deuxième
Guerre mondiale, du fait de l'alimentation des gazogènes,
puis un certain redémarrage à la suite des chocs pétroliers
de 1973 et 1979, perd inexorablement du terrain et n'est plus guère
élaboré comme combustible de chauffage. La France
en produit chaque année 600 000 tonnes, l'essentiel
de la production provient de l'Allier et du Lot-et-Garonne.
Le charbon de
bois sert pour la cuisson des aliments au barbecue. D'allumage facile,
de longue tenue de feu, épuré, dépoussiéré,
il est vendu au poids ou au volume. Au Canada, il sert au chauffage
des wagons ferroviaires.
Sous le nom
de charbon actif, il est devenu un matériau de plus en plus
technique. Le charbon actif est une matière carbonée
dont la structure poreuse est développée grâce
à un procédé d'oxydation contrôlée
appelée "activation". Les pores ainsi obtenus développent
une immense surface, capable d'attirer des molécules, en
phase liquide ou gazeuse, selon le phénomène de l'absorption.
Ses utilisations
sont très diverses :
traitement
de l'eau (20 % du marché mondial),
décoloration
du sucre,
purification
de gaz (masques à gaz, filtres de cigarettes),
pharmacie
: absorption des gaz intestinaux et facilitation du transit alimentaire,
alimentation
animale (volaille),
traitement
des sols.
IV - Le bois-énergie
Le bois-énergie
est constitué des ressources ligneuses d'origine forestière,
agricole ou urbaine. Il satisfait environ 14 % de la demande
énergétique mondiale. Il représente la principale
source d'énergie des pays en développement, mais ne
couvre que marginalement les besoins énergétiques
des pays développés.
Une
utilisation surtout classique
Sa
reproduction naturelle fait du bois une énergie renouvelable
qui se consomme dans bien des lieux de la planète sans souci
de sa gestion. Certaines parties du monde (Asie, Afrique, Amazonie)
accusent un déboisement progressif, mais le potentiel mondial
reste important. L'accès à d'autres sources d'énergie
n'empêche pas les populations d'Europe d'utiliser de grandes
quantités de bois, particulièrement dans les régions
forestières, ou à proximité des industries
productrices de déchets de bois.

Le bois de feu
©
Géographie, classe de 2e, Paris, Istra, 1987 - Coll. MAHÉ,
Troyes
Aujourd'hui,
le bois représente, pour un pays comme la France, une part
marginale de l'approvisionnement énergétique. Le chauffage
au bois représente 8 à 9 millions de tonnes équivalent
pétrole, soit 4 % de la consommation totale d'énergie
du pays.
L'utilisation classique de bois de feu non raffiné (bûche,
rondin) comme combustible représente plus de 75 % de
celle du bois-énergie : 6 millions de résidences principales
(30 % des ménages) sont chauffées tout ou partie
au bois. Celui-ci représente pour la moitié de ces
utilisateurs le moyen de chauffage principal souvent en association
avec le fioul, et pour l'autre moitié un mode de chauffage
d'appoint. Par ailleurs, près de 350 chaufferies au bois
fonctionnent à l'initiative de collectivités locales
propriétaires de forêts.
Quatre facteurs au moins déterminent cette utilisation classique
:
- le faible prix du bois-énergie, de surcroît souvent
auto-produit,
- le chômage qui amène certains personnes à
se procurer leur propre énergie,
- les technologies simples et anciennes de l'utilisation du bois,
- la bonne image du bois comme élément de confort
et de convivialité.
En Europe de
l'Ouest, le bois ne satisfait qu'une faible part des besoins en
énergie : 2 % en moyenne.
Certains pays européens développent le recours au
bois-énergie. Leur politique repose sur la taxation des émissions
polluantes, bénéfique aux énergies renouvelables,
sur une aide aux investissements, sur un programme de recherche
important, sur une information de la population et sur une abondance
des ressources, à l'exception du Danemark. Le succès
s'explique aussi par une longue tradition de chauffage au bois et
par l'implication du grand public.
En Autriche, près de 300 chaufferies fonctionnent au bois
et représentent une puissance thermique de 400 MW. Le
bois couvre 13,5 % des besoins énergétiques.
En Finlande, les réseaux de chaleur développés
grâce à l'abondance des ressources en biomasse-bois,
couvrent 45 % des besoins de chauffage. Le bois-énergie
assure la fourniture de 14,5 % des besoins énergétiques.
Le Danemark développe aussi des réseaux de chaleur
fonctionnant au bois et à la paille. Ailleurs, en Espagne,
en Italie, en Allemagne, politiques en faveur de la biomasse pour
la production d'électricité aidant, des chaufferies
importantes sont mises en place. En Italie et en Allemagne encore,
ainsi qu'en Grande-Bretagne, sont développées des
plantations de taillis à courte révolution (aussi
nommés taillis à croissance rapide (TCR). Il s'agit
de la culture intensive d'essences améliorées génétiquement,
plantées à haute densité et exploitées
selon un cycle court (5 à 10 ans) pour produire de l'électricité
à partir du bois.
Des
utilisations nouvelles encore balbutiantes
Le
bois-énergie peut être utilisé comme combustible
raffiné par processus thermochimiques (pyrolyse, gazéification),
et peut participer aux biocarburants et à la cogénération
d'électricité.
Dans le domaine des carburants, le bois-énergie se heurte
à la concurrence de la biomasse non alimentaire (amidon,
huiles) et au recyclage des déchets permettant d'obtenir
du méthanol. Les prix de rachat de l'électricité
produite par cogénération à partir du bois
sont trop faibles pour favoriser la filière. Celle-ci ne
bénéficie d'un dispositif réglementaire favorable
qu'en Italie, Allemagne et Grande-Bretagne.
V - Les utilisateurs du
bois-énergie : la chauffage urbain
Un
exemple : le chauffage urbain de la ville de Vitry-le-François
(Marne)
Il
n'est pas aisé d'utiliser le bois comme source d'énergie
chez un particulier en milieu urbain. Par contre, le bois peut-être
employé d'une façon appréciable en chauffage
collectif.

La ville de Vitry-le-François
©
Vitry Habitat
La ville de
Vitry-le-François, dans la Marne, est la première
ville en France à posséder une chaufferie originale,
importante et novatrice, utilisant comme source d'énergie
le bois, ce système étant associé à
un réseau de distribution de chaleur.
Comment fonctionne cette chaudière géante ?
Les essences utilisées comme bois-énergie sont essentiellement
le chêne et le hêtre sous forme de déchets :
sciures humides, copeaux secs, bois déchiquetés sous
forme de plaquettes sèches ou humides, bois de rebut comme
les palettes, granulés à base de sciure. Ce bois-énergie
approvisionne d'une façon automatique trois chaudières
de 3,6 mégawatts, 5,4 mégawatts et 6,6 mégawatts
soit 15,6 mégawatts qui produisent de l'eau chaude à
90°C.

Les chaudières
©
Vitry Habitat
L'eau chaude
est véhiculée vers les postes de livraison par trois
réseaux de conduits enterrés constitués de
tubes d'acier pré-isolés par du polyuréthanne.
Quinze kilomètres de canalisations véhiculent ainsi
l'eau avec une faible déperdition de chaleur (moins de 0,2 °C
au km). 60 000 mégawatts/heures issus de la combustion
sont distribués annuellement pour assurer le chauffage de
certains secteurs de la ville.
Le stockage du combustible est fait sous des hangars métalliques
pour environ 1 200 tonnes soit 3 500 m³ apparents
(MAP). Une autre partie du stock se trouve à l'air libre,
de l'ordre de 10 500 t (30 000 MAP) correspondant à
la moitié de la saison de chauffage.

Stockage sous
hangars
©
Vitry Habitat

Stockage à
l'air libre
©
Vitry Habitat
L'approvisionnement
se fait pendant 200 jours au rythme de six camions par jour. Les
installations sont faites pour fonctionner sans présence
humaine continue : elles possèdent une marche automatique
surveillée à distance. Toutes les données sont
saisies par un ordinateur central qui transmet les ordres nécessaires
à une série d'automates qui commandent les différentes
phases de la combustion.
Quels sont les avantages de l'utilisation de la biomasse ?
Les émissions de gaz et particules dans l'atmosphère
sont réduites. Il n'y a aucune production de soufre et en
réalisant une bonne combustion et en utilisant des filtres
appropriés on divise par 40 le taux de monoxyde de carbone
rejeté dans l'air et par 5 le taux de poussières.
Concernant le dioxyde de carbone rejeté, la quantité
est égale à celle qui a été prise par
la fonction chlorophyllienne du bois lors de sa pousse. Ainsi, tant
que l'on ne brûle pas plus que l'on replante, il n'y a aucun
apport dans l'atmosphère. On peut dire ainsi que le bois-source
d'énergie n'émet pas de dioxyde de carbone dans l'air.
Le bois est donc un combustible naturel, une source d'énergie
renouvelable qui peut être substituée aux énergies
fossiles avec moins de rejets dans l'atmosphère et pour un
coût moins élevé : 1 à 4 centimes d'euro
du kw/h pour la chaudière industrielle à 2 centimes
d'euro en général (beaucoup d'industries utilisent
leurs propres déchets), le coût du chauffage électrique
étant d'environ de 11 centimes d'euro.
La production d'énergie par la biomasse à des impacts
sociaux. Elle procure trois fois plus d'emploi que celle issue du
gaz ou de l'électricité.
Au niveau de l'économie, les énergies classiques sont
importées contrairement à celle issue de la combustion
du bois. Elle ne dépend pas du cours du dollar et elle assure
un développement local par la gestion des déchets
issus du bois.
Enfin, l'utilisation de la biomasse contribue à l'entretien
des forêts en utilisant les rémanents c'est à
dire les bois qui sont abandonnés par l'exploitant du bois
d'uvre.
La chaufferie de Vitry-le-François (Marne)
Elle a été créée sur l'initiative de
Vitry-Habitat (Société gérant des HLM) en 1985
et a remplacé 18 chaufferies qui fonctionnaient au fioul.
L'idée a germé à la suite du choc pétrolier
des années antérieures. A cette époque, les
locataires des immeubles payaient plus de chauffage que de loyer.
En 1984/1985 le chauffage en monnaie actuelle, pour un appartement
de 100 m² était de l'ordre de 1 170 euros par an.
En 1999/2000, le chauffage par la biomasse était d'environ
515 euros par an.

Vitry Habitat
11 bis, rue de la Pépinière - BP 32 - 51301 Vitry-le-François
Cedex
Tél. 03.26.74.16.98 - Fax. 03.26.74.34.57
Le patrimoine
géré par la société est de 4 500
équivalents logements correspondant à des logements,
des bâtiments publics (groupes scolaires, services techniques
de la ville, serres municipales, centre hospitalier, médiathèque)
et des locaux industriels (bureaux, magasins, centre commercial).
Cette chaufferie a été réalisée avec
le concours financier de l'État, des collectivités
locales, départementales et régionales, de l'ADEME
et de l'Europe (programme Feder).
VI - Quel avenir pour
le bois-énergie ?
En France,
la mobilisation du potentiel supplémentaire (bois des éclaircies,
déchets des industries du bois, bois de rebut) permettrait
de couvrir 6 % de la consommation et de suivre les directives
européennes qui encouragent la production d'électricité
à partir d'énergies renouvelables. La part produite
par celles-ci n'atteint encore que 15 % pour un objectif à
atteindre de 22,1 % en 2010. Dans le cadre d'une politique
de développement de l'utilisation du bois-énergie
pour des impératifs économiques, sociaux ou écologiques,
la consommation de ce dernier pourrait au moins doubler et assurer
près de 5 % des besoins énergétiques de
l'Union Européenne.
Des
handicaps
Le
développement de la filière bois-énergie n'a
pas été aussi important que l'on aurait pu l'envisager
pour plusieurs raisons.
-
la dispersion de la ressource rend sa mobilisation coûteuse
: collecte, transport, stockage.
-
le bois-énergie présente des handicaps par rapport
aux autres énergies : rendement longtemps insuffisant qui
entrave la diffusion de solutions innovantes et écologiquement
satisfaisantes, coût d'équipement et d'exploitation
plus lourds dans un contexte de prix des énergies fossiles
déprimé.
-
les incitations financières et fiscales insuffisantes.
-
la production de bois-énergie n'est pas toujours prise en
compte dans les politiques forestières nationales, dominées
par la production de bois d'uvre ou de bois de trituration
pour l'industrie.
-
la sous-estimation de la filière bois-énergie entraîne
une insuffisance de moyens financiers pour la promotion et la recherche.
-
la crainte de concurrencer l'approvisionnement des papeteries et
des usines de trituration freine les initiatives.
Des
atouts
Plusieurs
arguments permettent de justifier le développement de la
filière bois-énergie.
-
l'impact sur l'environnement est assez faible en matière
de rejets polluants. Les chaudières récentes émettent
beaucoup moins de gaz à effet de serre que les chaudières
au gaz ou au fioul. Comparé aux combustibles fossiles, le
bois a une très faible teneur en soufre. Contrairement aux
énergies fossiles, le bois est une énergie renouvelable
sur une durée allant de 5 à 200 ans. Il s'inscrit
dans la problématique du développement durable comme
les autres énergies renouvelables (solaire, éolienne...).
-
le bois-énergie offre un débouché aux déchets
de l'industrie du bois, aux broyats d'emballages perdus (palettes,
caisses, cagettes) et aux coupes d'éclaircie nécessaires
à une sylviculture dynamique. L'utilisation des sous-produits
en permettant une exploitation et une valorisation optimale de la
forêt, favorise le maintien du paysage et des autres fonctions
écologiques de la forêt : régulation climatique,
protection des sols...
- l'impact sur l'emploi et le développement local se traduit
par le maintien et la création d'emplois en milieu rural
pour les agriculteurs se diversifiant dans la production de bois-énergie
où ils assurent l'exploitation et la transformation du produit
bois. Selon des estimations, l'utilisation du bois comme source
d'énergie pourrait générer quatre fois plus
d'emploi que l'utilisation des combustibles traditionnels.
-
l'évolution des techniques de transformation du bois en énergie
est significative en matière de chauffage, avec l'amélioration
des chaudières et chaufferies au bois, et de développement
de l'hydrolyse et de la gazéification.
-
le gel des terres agricoles permet l'utilisation forestière
de millions d'hectares.
Cependant,
en dépit de ces atouts, et à moins d'une hausse durable
du prix des énergies fossiles, le développement de
la filière bois-énergie ne peut se faire qu'au prix
d'une volonté forte et constante.
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