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Concours national de la Résistance...
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Les lauréats marnais
du Concours 2009

 








La remise des prix
dans les salons de la Préfecture de la Marne
le 6 mai 2009

   Pour la première fois depuis l'incendie de 2002, la remise des prix du Concours de la Résistance et de la Déportation a pu à nouveau se dérouler dans les salons de la préfecture de la Marne à Châlons en Champagne.
   Cette remise des prix avait été préparée et organisée par
le directeur et le personnel du service départemental de l'ONAC ( Office national des anciens combattants et victimes de guerre ).
    
Quarante-cinq lauréats ont reçu un prix et ont été invités à participer les 16 et 17 mai à un voyage de mémoire organisé par l''ONAC-51 au Mémorial de l'Internement et de la déportation à Royallieu.   

Monsieur Gérard Moisselin, préfet de la Marne, accueille les lauréats du concours 2009
accompagnés de leurs professeurs et de leurs parents
À ses côtés Monsieur Jean-Daniel Courot, directeur du service départemental de l'ONAC
se prépare à lire le palmarès

Madame Yvette Lundy, résistante déportée à Ravensbrück, s'adresse aux lauréats

      Monsieur le Préfet de Région,

    Je vous exprime, au nom de la Résistance et de la Déportation, tous nos remerciements pour cet accueil que vous nous réservez, dans ce bel Hôtel de la Préfecture.
   Je remercie les représentants des divers Corps départementaux dont la présence honore les lauréats du Concours National de la Résistance et de la Déportation.
   Je remercie également Monsieur le Directeur de I'ONAC qui organise les voyages des lauréats.
   Que les Professeurs, qui ont beaucoup donné de leur temps pour préparer ce travail sachent que nous apprécions leurs efforts reflétés dans de remarquables devoirs. « L'Histoire n'est pas une fatalité, c'est la volonté de l'Homme et non I'action d'une force mystérieuse ». Rien n'est joué.
   Les Sujets : « Les jeunes dans les camps de concentration » sollicitent beaucoup de délicatesse et de douleur.
   La Résistance qui a beaucoup aidé pour éviter les drames de la Déportation a été submergée. Les nazis, avec I'ignoble gestapo aidée par de pitoyables Français, trouvaient et déportaient, Juifs, Tziganes, Résistants. Il est alors logique que la Résistance s'impose et s'oppose : c'est une question d'humanité.
   Je fus déportée pour faits de résistance, en apportant mon soutien : faux papiers et hébergement de personnes recherchées par la gestapo.
   C'est ainsi que je fus transportée au Camp de Ravensbrück après un itinéraire obligé : interrogatoire Cours d'Ormesson, la prison de Châlons, forteresse de Romainville où la Croix Rouge et l'Armée du Salut ont apporté un réel réconfort, Neuenbrem près de Sarrebruck, premier contact avec I'horreur. Deux ou trois jours après, à coups de schlagues, de crosses de fusils, d'aboiements mordants et de hurlements insultants, embarquement dans un wagon à bestiaux, plombé ; ceci pendant 4 jours et 3 nuits.
   Nous étions 120 femmes.
   Atmosphère matérielle et psychologique infernales.
   Arrivée brutale dans I'Est de I'Allemagne ! Quelques minutes d'optimisme – « Nous devons être traitées comme les prisonniers de guerre » – sont vites anéanties. Non, ce n'est pas un cauchemar ! Après le passage de cet immense portail qui paraît s'écraser sur les épaules, c'est la réaliré : nous sommes dépouillées de nos vêtements, de nos bijoux, de nos souvenirs familiaux, de notre carte d'identité, de nos cheveux.
   Puis, c'est une douche collective, suivie d'un rhabillage avec des guenilles ( il n'y avait plus de robes rayées ). C'est à ce moment-là que I'on se sent devenir un zéro, un trou au milieu de rien, avec un numéro. Le numéro 47 360 m'est attribué.
   Les cris rauques, hurlés méchamrnent, « zu fünf » « schnell », « Maul zu », propos nauséabonds plein de mépris et de méchancetés, que ce soit dit par un être féminin ou masculin : I'ignominie n'a pas de sexe.
   Vers le bloc surchargé, il faut rapidement trouver une place sur une paillasse quelquefois habitée déjà ( en plus de la vermine ) : il est possible qu'elle ait subi les outrages digestifs trop inopportuns.
   La nourriture infâme, cependant absorbée, – faim oblige –, amaigrit rapidement les corps. Les os essaient de percer la peau. Toutes sortes de maladies règnent et détruisent la vie.
  À Ravensbrûck, 14 nationalités se côtoient apportanr autant de variétés Iinguistiques que d'éducations différentes. Les « stucks » que nous sommes sonr nourris pour 61 plennigs par jours ( étude faite par Germaine Tillion ). Il faut qu'ils soient rentables : 12 heures de travail par jour, tantôr de nuit, tantôt de jour. Travaux pénibles.
   Telle est la décision de Himmler et de ses acolytes. Les faire travailler jusqu'à ce qu'ils crèvent tous !
   La maladie, les appels fréquents par tous les temps ; le froid est terrible à supporter, surtout lorsqu'on a faim et que l'on est si peu vêtue.
   Au camp, j'étais au bloc 31. Au cours d'une nuit, début septembre 1944, nous sommes réveillées par des cris, des pleurs, des lamentations douloureuses, des aboiements, des hurléments de SS – le souvenir m'en esr particulièrement douloureux – . Le lendemain, nous avons su que le bloc 28, occupé par des femmes tziganes et leurs petits enfants, avait été brutalement évacué... Seules les mères sont revenues I La suite a dû être atroce pour ces enfants, cobayes recherchés par des docteurs pervers et possédant tous les droits pour toutes les expériences.
   Je parle. de ces Tziganes parce que je les ai côtoyées. Mais, les Juifs des camps d'extermination comme Auschwitz, Treblinka er hélas bien d'autres. ont dû subir également ces séparations tragiques.
   11 600 enfants ont été déportés de France er massacrés par les nazis. Expériences ignobles, douloureuses et fatales.
   Comment reconstruire sa vie pour la petite minorité qui est sortie des camps, avec une âme toujours tourmentée ?
   Tandis que Juifs et Tziganes étaient presque toujours envoyés dans les camps d'extermination, les autres déportés : résistants, droits communs, criminels, étaient dirigés vers les camps de concentration. Dachau, Mauthausen, Ravensbrück et bien d'autres. De jeunes résistants se sont trouvés dans ces camps avec la même vie difficile, douloureuse, infamante que celle de adultes.
   Par nature, un enfant doit être protégé, il a besoin d'être entouré, aimé, conduit.
   Triste expérience que celle qu'ils ont subie.
   Mais dans le fanatisme, il n'y a pas de place pour I'autre.
   D'après les négationistes, tour ceci n'aurait pas existé. D'où viendraient ces cauchemars qui hantent encore certaines nuits ? Quelle serait I'origine de ces charniers découverts en 1945 et après ? Pourquoi des anciens déportés de différentes régions et qui ne se connaissent pas parlent des mêmes faits ?
   Je rends hommage aux initiateurs de ce Concours national de la Résistance et de la Déportarion qui ont voulu apporter une information complète de cette période 1939/1945 donnant ainsi aux quelques lignes des livres d'histoire un sens plus humain, plus senslble.
   Depuis 50 ans, son succès prouve sa valeur.
   Je suis témoin er je rapporterai mon témoignage tant que le pourrai. Je ne peux pas oublier.
   Jeunes gens, Professeurs, vous avez travaillé sur une période tragique de l'Histoire, les témoignages ont transformé un mot tout simple en une grande émotion.
   Nous avons trouvé, en corrigeant les épreuves, une connaissance des faits et une maturité chez des adolescents que l'on entendrait plus volontiers rire.
   Comme je le disais plus haut : « rien n'est joué ». « On ne subit pas l'avenir, on le fait », comme l'écrivait Georges Bernanos.
   Vous représentez I'avenir, le Pays se construira par vous, par votre volonté, par votre réflexion, sans subir certaines influences qui pourraient vous détériorer, ne l'oubliez jamais. Gardez toujours du courage avec l'optimisme, car cela donne des ailes. Ayez confiance en I'avenir. Réfléchissez avec bon sens et avec votre conscience.
  
   Merci pour vos efforts.
   
   Monsieur le Préfet. je vous remercie,

Madame Anne-Marie Filho, inspectrice d’Académie
directrice des services départementaux de l’Éducation nationale de la Marne
félicite et encourage les lauréats à poursuivre le travail de mémoire
accompli avec leurs professeurs

Les lauréats 2009 photographiés à l'issue de la cérémonie
Au premier plan, Monieur le préfet Moisselin entouré d'Yvette Lundy, de Gisèle Probst, de Louis Carrière, déportés-résistants, et de Jean Chabaud, président des Combattants Volontaires de la Résistance


Le voyage de mémoire
organisé par le service départemental de l'ONAC

    Le voyage CNRD organisé par l’ONAC a eu lieu sur 48 heures, les samedi 16 et dimanche 17 mai 2009.
   31 lauréats ( 20 filles et 11 garçons ) et 7 accompagnateurs ont visité le Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Royallieu le 16, et le Mémorial de la Clairière de l’Armistice à Rethondes le 17.
   Le logement a été assuré dans une Maison Familiale Rurale à Beaulieu les Fontaines où les lauréats ont pu également visiter une ferme pédagogique.
   Les lauréats se sont montrés très intéressés, ce qui encourage l’ONAC à continuer cette expérience sur 48 heures pour 2010 ( si…le financement le permet… ) certainement à Colombey les deux Églises.

                                                                                Jean-Daniel COUROT
Directeur du Service Départemental de l'ONAC


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Les lauréats marnais au Mémorial de Compiègne-Royallieu

 

Les lauréates rémoises à la cérémonie commémorative
 
de l'Appel du 18 juin 1940

Asceline Chabaud, élève du lycée Clemenceau, lit l'Appel du 18 juin 1940
du général de Gaulle devant le monument aux morts de Reims

Marine Richard, élève du lycée Jean Jaurès, lit « l'appel à tous les Français »
placardé sur les murs de Londres début août 1940

À l'issue de la cérémonie devant le Mémorial aux martyrs de la Résistance,
Adeline Hazan, maire de Reims, et Jean-Jacques Caron, sous-préfet, félicitent les lauréates

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